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03 Juin 2020 | 11, Sivan 5780 | Mise à jour le 03/06/2020 à 08h06

Chabbat Nasso : 21h31 - 22h56

Rubrique Culture/Télé

Serge Gainsbourg, l’homme à la tête de chou et à l’étoile jaune

Cela fera vingt-cinq ans le 2 mars que Serge Gainsbourg est mort. Un quart de siècle après sa disparition, on regrette plus que jamais son audace et son génie.

Artiste atypique de la culture française, explorateur de tous les styles musicaux, mais aussi peintre, poète, cinéaste, acteur, scénariste… autant de facettes que l’on ne cesse de découvrir ou de redécouvrir. Serge Gainsbourg n’a peut-être d’ailleurs jamais été aussi présent que depuis qu’il est mort. De par les hommages qui lui sont régulièrement rendus, de par sa musique ou encore de par le superbe film de Joann Sfar, « Gainsbourg, vie héroïque ».
Une popularité qui pourrait laisser croire que Gainsbourg a toujours flirté avec le succès. Or, rappelle le journaliste Bertrand Dicale, qui vient de publier « Tout sur Gainsbourg », l’Homme à la tête de chou a longtemps couru derrière. « Après sa disparition, on a oublié les échecs, les impasses et les demi-tours pour ne plus percevoir qu’un chemin cohérent vers les sommets », écrit-il dans son imposante biographie. « On regarde la Javanaise comme un classique, or elle ne passait pas à la radio. On considère Gainsbourg comme le sommet d’une époque, or cette époque n’a pas écouté ses chansons », analyse aussi le journaliste.
Né le 2 avril 1928 à la maternité de l’hôpital de la Pitié, Serge Gainsbourg, de son vrai nom Lucien Ginzburg était le fils d’immigrants juifs ayant fui la Russie en 1917 avant la révolution. Des origines au sujet desquelles l’artiste avait dit d’ailleurs « Comme Einstein, Chaplin, Jésus, je suis juif. Mais juif d’abord, russe ensuite ».


« Je suis Juif d’abord »
De son enfance et de l’époque de la Seconde guerre pendant laquelle sa famille parvint à se cacher dans le Limousin, Serge Gainsbourg n’en parlait que peu. « J’ai grandi sous une bonne étoile jaune », dira-t-il pudiquement. Sa chanson « The yellow star » (qui figure sur l’album “Rock around the bunker” sorti en 1975) sera une autre façon d’évoquer ce traumatisme. Elle qui dit : « Et sur cette yellow star, inscrit sur un fond jaune vif, y’a un curieux hiéroglyphe (….) Difficile pour un Juif, la loi du struggle for life, quand il y a la yellow star, yellow star ».
Croyant ou pas, Serge Gainsbourg a toujours affirmé haut et fort son identité. Pour Israël, il écrit ainsi « Le sable et le soldat » (connu aussi sous le titre « Le sabre et le sable ») au moment où éclate la guerre des Six jours. « Oui, je défendrai le sable d’Israël, la Terre d’Israël, les enfants d’Israël. Quitte à mourir pour le sable d’Israël, la Terre d’Israël, les enfants d’Israël ». Une déclaration qui n’a rien de la simple posture. Dans une interview donnée quelques années plus tard à Pascal Bouchitey, Serge Gainsbourg reconnaît qu’il avait « failli aller » en Israël au moment de cette guerre. « Tu serais vraiment allé te battre ? », lui demande le journaliste. « Non, pas me battre, répond-il. Me faire tuer. D’instinct. De par mes racines, j’y serais allé ».
Outre la publication de la biographie de Bertrand Dicale, plusieurs autres livres sont consacrés à l’artiste disparu. D’autres hommages sont également rendus en musique, à travers des concerts ainsi que différentes expositions.

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