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16 Juin 2019 | 13, Sivan 5779 | Mise à jour le 13/06/2019 à 16h38

Rubrique France/Politique

Un 31e dîner du CRIF empreint de gravité

Le Premier ministre Manuel Valls s’est exprimé en lieu et place du président Hollande. (Erez Lichtfeld)

En cette soirée du lundi 7 mars 2016 à l’Hôtel Pullmann-Montparnasse, la classe politique républicaine quasiment au grand complet s’est rendue au 31e dîner du CRIF à l’invitation de son président Roger Cukierman dont le mandat prendra fin en mai. Serait-ce la fin d’une époque pour le judaïsme français ?

Une atmosphère particulière régnait en ce 31e dîner organisé par le CRIF depuis sa création par Théo Klein en 1985, celle de la gravité et de l’impression qu’une époque se clôt alors qu’une autre encore indéfinissable s’ouvre au sein du judaïsme français.
Près de 850 personnes y assistaient de tous horizons : non-juifs et juifs, politiques, religieux, institutionnels, communautaires, artistes, people, quidams et curieux, dont il serait fastidieux et forcément arbitraire de citer des noms. Tous se sont retrouvés à l’Hôtel Pullman-Montparnasse afin, de l’extérieur de la judaïcité, de témoigner de sa solidarité envers les Juifs français particulièrement affectés par le contexte d’antisémitisme ou de l’intérieur de la communauté de tenter de ressentir quels pourraient être les espoirs témoignant d’un avenir radieux.
C’est ainsi qu’après un cocktail où les salutations et les accolades étaient de rigueur, le dîner s’est poursuivi avec, pour débuter, la projection d’un clip qui rappelait les actions du CRIF : fédérer, communiquer, échanger, agir et rassembler. Le discours du président du CRIF, Roger Cukierman, le dernier de son mandat, insistait sur les événements douloureux passés et l’inquiétude des Juifs de France qui en a immanquablement découlé : « Nous vivons une vie retranchée. Nous avons le sentiment angoissant d’être devenus des citoyens de deuxième zone. Cet ostracisme isole et traumatise. Mais est-ce la faute des Français juifs si ce communautarisme progresse ? Cette angoisse, je ne suis pas seul à la ressentir. Chaque année, plusieurs milliers de Français juifs quittent leurs racines, leurs parents, leurs amis, leur travail, leur culture et leur histoire. Quelle tristesse pour eux ! Quelle tristesse pour la France ! M. le Président, dans le pays qui a accordé la pleine citoyenneté aux Juifs dès 1791, quand pourrons-nous, à nouveau, vivre sans crainte notre judéité ? ».

Le chef du gouvernement a dénoncé « la haine d’Israël »
L’humour était présent dans ce discours qui s’est conclu sur une note d’espoir, vitale de nos jours : « J’ai confiance en notre victoire et j’ai de l’espoir pour l’avenir de nos enfants parce que la France est généreuse et magnifique par son histoire, sa culture et sa diversité. Oui, soyons confiants dans l’avenir de notre pays ». Un message qu’il est bon de retenir et de méditer.
C’est devenu une tradition, la médaille du CRIF ainsi qu’un recueil de remerciements ont été ensuite remis aux forces de police et de l’armée, en signe de reconnaissance pour leur dévouement à protéger les infrastructures juives.
Ce fut ensuite au tour du Premier ministre Manuel Valls de s’exprimer, en lieu et place du président de la République qui, bien qu’annoncé a décliné l’invitation, retenu par un sommet organisé à Bruxelles entre l’Union européenne et la Turquie sur la crise des réfugiés. Dans son discours musclé, M. Valls a rappelé que
« Oui, les juifs de France, trop souvent, ont peur. C’est une réalité et cette réalité, nous ne l’acceptons pas ». Le chef du gouvernement a dénoncé « la haine d’Israël » avant d’ajouter : « Et puis […], il y a l’antisionisme, c’est-à-dire tout simplement le synonyme de l’antisémitisme et de la haine d’Israël ».
La date du 29 mai prochain est une échéance importante pour le CRIF qui marquera l’élection de Francis Kalifat, actuel vice-président et trésorier de l’institution, seul candidat en lice. 

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