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07 Juin 2020 | 15, Sivan 5780 | Mise à jour le 04/06/2020 à 16h26

Chabbat Béhaalotékha : 21h36 - 23h01

Rubrique France/Politique

Brice Couturier attaqué pour avoir qualifié de "terroristes" les auteurs des attentats de Bruxelles

Mauvais ondes à France Culture, où Brice Couturier, pour avoir fustigé le refus d’un invité des « Matins » d’avoir appelé les auteurs de l’attentats de Bruxelles des terroristes, se retrouve sous le feu des critiques.

L’idéologie n’est pas le réel, elle le hait. Quand il la contrarie, elle le nie. Quitte à faire fi du bon sens le plus évident. Brice Couturier, journaliste à France Culture tenant une chronique dans l’émission matinale de la radio, en fait l’amère expérience depuis quelques jours. Alors qu’une quotidienne de la semaine passée était consacrée aux attentats de Bruxelles, l’un des invités, l’écrivain et historien David Van Reybrouck, s’est félicité, qu’à la différence de François Hollande et de Manuel Valls après le 13 novembre, le Premier ministre belge ait refusé de qualifier les auteurs des attentats de « terroristes ». Ce, afin de « ne pas stigmatiser » !

Rappelons qu’au lendemain des attentats du 13 novembre, Van Reybrouck s’était fendu d’une tribune dans Le Monde où il reprochait à François Hollande sa « douteuse rhétorique de guerre » et de n’avoir mentionné que de la liberté alors qu’il aurait aussi « pu parler des deux autres valeurs de la République française : l’égalité et la fraternité ». Selon ses termes, devrions-nous enfin croire que les terroristes du 13 novembre auront voulu frapper l’égalité et la fraternité ? Torsion idéologique qui ignore que plus d’égalité et de fraternité  ne peuvent défendre matériellement la liberté attaquée. Mais un pas de plus a donc été franchi avec ce refus de qualifier de « terroristes » les auteurs de l’attentat de Bruxelles pour ne pas stigmatiser.

Un propos surprenant que n’a pas manqué de relever Brice Couturier, demandant en quoi il serait stigmatisant de qualifier les terroristes de « terroristes », et plus encore, de savoir « qui serait stigmatisé par ce mot ». Car, si l’on estime que les auteurs des attentats se trouvent stigmatisés par la qualification de terroriste, alors il faudra ne pas qualifier leur acte d’attentat ! Eux-mêmes ont la sensation de commettre une action libérant le monde de la Jahalya (à l’origine, ère antéislamique – lieu où la charia ne règne pas d’après Sayyed Qutb, théoricien des Frères Musulmans). Ou comment ce refus de stigmatiser peut amener au contraire à la sympathie pour Daech.  Brice Couturier a conclu que « toute cette lâcheté (lui) rappelait fâcheusement celle des années 30, où il était interdit d’évoquer les projets criminels du gouvernement hitlérien ».


Le tacle de Sylvain Bourmeau

Mais, décidément, les invités ce jour-là des « Matins de France Culture » rivalisaient de sémantique lénifiante puisqu’un autre a appelé Brice Couturier à cesser d’utiliser le mot « terroriste » au motif que les terroristes d’aujourd’hui pourraient bien être requalifiés « résistants » dans l’avenir ! Outre une confusion identique à celle des nazis durant l’Occupation en France, ce que n’a pas manqué de relever Brice Couturier, la possibilité d’une telle requalification sous-entendrait encore que les terroristes djihadistes commettent des attentats en faveur de la liberté.

 Il faut croire que l’ire bien naturelle de Brice Couturier à eu l’heur de déplaire puisqu’un producteur de la radio, Sylvain Bourmeau, l’a sèchement taclé sur Twitter. "La lucidité, l'intelligence des invités belges de @guillaumeerner @Lesmatinsfcult contrastent avec les propos néo-réacs de Brice Couturier."

Sylvain Bourmeau, par ailleurs professeur associé à l’EHESS, n’est pas à son coup d’essai contre un ou des confrères, les journalistes de Libération s’en souviennent. Depuis, une campagne demandant l’éviction de Brice Couturier a été lancée. Alors qu’elle laisse la parole à différentes sensibilités politiques, France Culture aurait mauvais jeu d’accéder à cette requête, puisqu’elle n’a pas hésité à inviter Jean-Marc Rouillan dans une émission sur la déradicalisation

L’ancien d’Action directe a déclaré peu après que les djihadistes du 13 novembre « se sont battus courageusement dans les rues de Paris en sachant qu’il y avait près de 3000 flics autour d’eux ». Il sera jugé en juin pour propos faisant l’apologie du terrorisme ».  Sans doute que les invités des « Matins » auxquels Brice Courtier a fait face auraient trouvé cette incrimination bien trop stigmatisante. 

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