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21 Novembre 2018 | 13, Kislev 5779 | Mise à jour le 19/11/2018 à 15h42

Rubrique Monde juif

Comment les hôtels sont cachérisés pour les vacances de Pessah

Crédit DR

Faire disparaître tout le hametz d’un établissement ouvert au public, cachériser les cuisines, puis installer la vaisselle de Pessah et approvisionner les réserves alimentaires… Un travail de titan, qui démarre plusieurs jours avant le début du séjour.

Réaliser un séjour de Pessah dans un hôtel signifie, pour les organisateurs, prendre possession des lieux plusieurs jours à l’avance. De trois jours à une semaine avant l’arrivée des participants. Un laps de temps pendant lequel l’établissement est donc d’ores et déjà fermé à la clientèle vu qu’il s’agit de nettoyer de fond en comble les lieux et, en priorité, les cuisines. C’est là un travail titanesque, dont le grand public ne mesure certainement pas l’ampleur. « Avec le rav Hamou qui assure la surveillance de notre séjour ainsi qu’avec huit machgui’him, nous arrivons sur place une semaine avant », explique Arié Cubby (Arié Traiteur) qui organise un séjour sur la Costa Brava, en Espagne. « Le travail de cachérisation est effectué par deux équipes. L’une travaille le jour et l’autre la nuit. Il s’agit non seulement de nettoyer, mais aussi de passer certains équipements au chalumeau et de faire monter les résistances à très haute température ».
 Démarche similaire pour Charlie Perez, organisateur du séjour First Kosher Club en Crète. « Tout est passé à l’acide. On démonte les pianos de cuisson pour les nettoyer et l’on cachérise tout le matériel qui peut l’être ». Avec une telle entreprise, il peut arriver que le matériel de l’hôtel soit abimé. « Il nous est déjà arrivé de faire sauter des résistances et de devoir rembourser des installations », confient plusieurs organisateurs.


Nettoyer de fond en comble les lieux et, en priorité, les cuisines
Outre la cachérisation, il s’agit aussi d’acheminer sur les lieux toute la vaisselle cacher le Pessah, voire des fours cacher le Pessah lorsque ceux dont disposent les hôtels ne se prêtent pas à la cachérisation. C’est là encore des volumes conséquents à importer, dont le temps de transport varie en fonction de la localisation du séjour. Camus Parienti, organisateur des séjours KGel qui organise Pessah en Italie cette année a trouvé une parade. « J’organise généralement plusieurs années de suite mes séjours dans un même hôtel. Je demande alors la possibilité de stocker mon matériel dans un endroit scellé dont moi seul possède la clé ». Pour cet organisateur de longue date, le respect de la cacherout passe aussi par un briefing approfondi de ses brigades. « Il est stipulé dans les contrats du personnel qu’il leur est strictement interdit de faire entrer de la nourriture à l’intérieur de l’hôtel. De plus, nous organisons une réunion avec l’ensemble des employés avant l’ouverture du séjour afin de leur expliquer précisément les obligations et les interdits de Pessah. Nos équipes ont le sens du respect. Elles veulent comprendre de façon à pouvoir agir au mieux ».
Une fois passée la cachérisation des cuisines de l’hôtel et l’installation des vaisselles de Pessah, il faut gérer le stockage des denrées alimentaires. Là aussi, le défi est ardu, étant donné que toute la nourriture, hormis les fruits, les légumes et parfois le poisson, est importée par l’organisateur, sans réassortiment en cours de séjour. Ce sont donc des dizaines de palettes qui doivent être acheminées, ainsi que des conteneurs frigorifiques qui parviennent par voie routière et maritime, selon l’endroit où se déroule le séjour. « Tout part de Paris, explique Charlie Perez. Et l’on prévoit toujours du surplus, de l’ordre de 15 à 20%, pour avoir une tranquillité d’esprit ». Hors de question en effet, de devoir affronter un manque de viande cacher le Pessah en plein milieu d’un séjour qui se déroule sur une île.

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