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16 Décembre 2017 | 28, Kislev 5778 | Mise à jour le 14/12/2017 à 14h19

Rubrique Moyen-Orient/Monde

Trump, les Juifs et Israël

Crédit DR

L’ambigüité des déclarations du favori aux primaires républicaines suscite des interrogations.

La carte israélienne peut-elle permettre à ses adversaires d’abattre Donald Trump ? Non sans doute, mais elle est en mesure d’enrayer sa vertigineuse ascension vers la Maison-Blanche. C’est en tout cas vraisemblablement l’hypothèse des stratèges de Ted Cruz et de Marco Rubio, ces deux principaux adversaires républicains, toujours à la recherche de la potion qui empêchera le magnat de l’immobilier d’obtenir l’investiture du parti pour la présidentielle de novembre prochain. Dans leur viseur, les propos tièdes du milliardaire lors d’un débat en Caroline du Sud, en février. « Laissez-moi être une sorte de type neutre ».
Ses adversaires ont perçu là une brèche à enfoncer, alors que le Grand Old Party se présente traditionnellement comme un soutien indéfectible d’Israël. « Si je deviens président, je me tiendrai résolument aux côtés d’Israël car on ne peut pas rester neutre lorsqu’il faut choisir entre de terribles assassins et des innocents » a tancé Ted Cruz, lors du débat du 25 février, suivi de près par Marco Rubio. « Le futur président des Etats-Unis doit être quelqu’un comme moi qui se tiendra fermement du côté d’Israël ».


Des atouts évidents

L’ambigüité des déclarations de Donald Trump nourrit le débat sur les réelles intentions du candidat iconoclaste sur le Proche-Orient et, de manière plus étonnante, sur sa relation au judaïsme américain. Ses défenseurs rappellent son soutien à Binyamin Netanyahou lors de la campagne électorale israélienne de 2013 et ses projets d’investissements, finalement avortés, en Israël : un hôtel à Netanya au début en 2002, sous l’impulsion de la maire de la ville, Miriam Freiberg ; une « Trump Tower » cinq ans plus tard, à Ramat Gan, près de Tel-Aviv. On l’a également vu dénoncer en des termes définitifs l’accord sur le nucléaire iranien, signé en juillet, et promettre le déplacement de l’ambassade américaine à Jérusalem.

Sur le plan personnel, sa fille, Ivanka, s’est convertie au judaïsme en 2009, à l’occasion de son mariage avec Jared Kushner, et a assuré l’an dernier, dans Vogue Magazine, respecter le chabbat. Des atouts évidents mais pas suffisants pour négliger le côté obscur de l’homme à la mèche blonde.
  

Soutiens douteux

Ses attaques contre les minorités mexicaine et musulmane ont en effet heurté les Juifs issus des vagues migratoires du siècle dernier et politiquement libéraux. Beaucoup moins néanmoins que les appuis dont il fait l’objet parmi l’extrême droite américaine, en particulier parmi les suprémacistes blancs de l’ancien responsable du Ku Klux Klan, David Duke, tardivement désavoué. Trump s’est également vu féliciter par Louis Farrakhan, le leader du mouvement antisémite « Nation of islam », pour avoir déclaré, en décembre, devant la Coalition juive républicaine : « Je ne veux pas de votre argent donc vous ne me supporterez certainement pas ».

Des stéréotypes associant les Juifs à l’argent que l’on retrouve parmi une frange de ses sympathisants à qui ont été distribués, lors d’un meeting à Cincinnati, des tracts caricaturant les hommes d’affaire juifs et philanthropes George Soros, Sheldon Adelson (probable futur soutien de Ted Cruz) et Haïm Saban (proche des Clinton) en « singes de la sagesse ». Samedi en Californie, Trump demandait à ses soutiens de tendre la main droite pour lui exprimer leur appui. « Un geste fasciste » pour l’ancien président de l’Anti-Defamation League, Abe Foxman.

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