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29 Janvier 2020 | 3, Shevat 5780 | Mise à jour le 28/01/2020 à 12h08

Rubrique France/Politique

Le sectarisme dans ses œuvres

Alain Finkielkraut (Capture d’acran Youtube)

Venu prendre la température du « mouvement citoyen » qui se veut le pendant français des « Indignés », le philosophe Alain Finkielkraut a été prié de quitter la place de la République. Où comment les donneurs de leçons de démocratie font la preuve qu’ils aiment la censure.

Le moins qu’on puisse attendre d’un homme de lettres et de réflexion qui observe les mouvements profonds de la société, c’est qu’il aille les observer avant d’en parler. C’est précisément ce qu’Alain Finkielkraut avait résolu de faire, le 16 avril au soir, en compagnie de son épouse. Tous deux étaient donc là en citoyens ordinaires, venus écouter et voir un mouvement qui prétend rénover les pratiques politiques et donner la parole à ceux qui en sont exclus. Si l’académicien a pu rester assez longtemps sur les lieux sans être pris à partie, c’était sans compter sur un groupe qui avait décidé qu’il n’était pas le bienvenu. Les « casse-toi » et autres « facho », « saloperie », ont fusé, entraînant une vive réplique d’Alain Finkielkraut à ses contradicteurs, eux-mêmes traités par lui de « fascistes ». Escorté par le service d’ordre de « Nuit debout » (par ailleurs incapable d’empêcher les débordements violents contre la police et le bris de mobilier urbain), l’académicien a pu s’éclipser sans avoir été victime de violences physiques.
Des militants des Jeunesses communistes ont, le soir-même, revendiqué la responsabilité d’avoir « jeté » Alain Finkielkraut. C’est évidemment une conception curieuse des « assemblées populaires » et de la liberté d’expression, qui, lorsque la personne exclue est un universitaire, revient à lui imposer une interdiction professionnelle : celle de parler en connaissance de cause.
D’Eric Ciotti à Myriam El Khomri, de Najat Vallaud-Belkacem à Daniel Cohn-Bendit, il s’est heureusement trouvé des élus de tous bords pour questionner les méthodes de « Nuit debout » et déplorer la manière dont Alain Finkielkraut a été traité. Maigre consolation quand on sait que la presse de gauche, dans son ensemble, avait pour analyse de l’incident qu’Alain Finkielkraut aurait mieux fait de ne pas se déplacer. En somme, les soutiens de Nuit debout préfèrent la pensée couchée…

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