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27 Mai 2017 | 2, Sivan 5777 | Mise à jour le 26/05/2017 à 12h37

Rubrique Régions

Strasbourg : Laïcité(s) à l'université

Debout à gauche : le doyen Christian Mestre, et tout à droite c'est Anne Fornerod lors de la conférence sur la laïcité à l'université. (DR)

Coexister, mouvement interconvictionnel de jeunes, a organisé cette année son Festival all together sur le campus de l'Université de Strasbourg, en partenariat avec l'association étudiante AFGES. La laïcité à l'université a été au cœur de la réflexion.

Les 6 et 7 avril derniers, le Festival all together a accueilli des concerts, un film, une collecte de sang qui a largement dépassé les objectifs fixés et des conférences-débats. La conférence portant sur la laïcité à l'université avec Anne Fornerod, chercheuse au CNRS en droit des religions, et Christian Mestre, doyen de la faculté de droit et auteur du guide « Laïcité et enseignement supérieur » (disponible en ligne) a attiré une trentaine de personnes très attentives – on comptait un certain nombre de musulmans revendiqués mais les étudiants juifs étaient aux abonnés absents.
Pour Anne Fornerod, le terme de laïcité renvoie à deux contenus qu'il faut distinguer. Il désigne d'abord un cadre juridique dont les grandes lignes, « plutôt libérales », ont été fixées par la loi de 1905. Il désigne par ailleurs un principe philosophique, « qui peut conduire à une certaine hostilité vis-à-vis des religions accusées de nuire à l'unité des citoyens ». La chercheuse craint que le mouvement d'extension du principe de laïcité ne remette en cause la liberté religieuse, à l'université notamment.
Le doyen Christian Mestre a axé son intervention sur le guide - paru en 2004 et remis à jour en 2015 - dont il est l'auteur. D'après lui, la question s'est beaucoup apaisée depuis 2004. Il a développé longuement le sujet des examens ou des travaux dirigés tombant les jours de fêtes religieuses. On peut résumer ainsi son propos : non aux dérogations aux journées de cours et d'examens, mais oui à la sanctuarisation des jours de grandes fêtes religieuses et aux compromis lorsque ces derniers ne perturbent pas le fonctionnement d'ensemble. Il a raconté qu'un étudiant qui demandait à déplacer une date d'examen lui avait un jour fait remarquer que son nom de famille indiquait clairement sa judéité. « Je lui ai répondu que nous ne vivions pas sous le régime de Vichy et que son nom de famille ne m'intéressait pas. De même des certificats de religiosité délivrés par certains rabbins : je n'ai pas à faire droit à ça. »
L'association Coexister a été fondée à Paris en 2009 par un jeune catholique, Samuel Grzybowski. Le groupe strasbourgeois existe depuis 2011 et a gagné en dynamisme ces derniers mois (ses membres animent par exemple une émission hebdomadaire sur Radio Judaïca Strasbourg). L'association promeut la coexistence   active, qu'elle différencie de la tolérance passive. Elle s'est vu reprocher de privilégier le repli communautariste au détriment de l'esprit de la République laïque.

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