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16 Novembre 2018 | 8, Kislev 5779 | Mise à jour le 14/11/2018 à 18h15

17 novembre - Chabbat Vayétsé : 16h51 - 18h00

Rubrique Culture/Télé

Cécile de France : « On doit éviter l’oubli »

Crédit DR

Cécile de France nous présente "Le voyage de Fanny" de Lola Doillon qui sort cette semaine sur les écrans, l’histoire d’enfants qui tentent d’échapper à la Shoah.

Actualité Juive : Présentez-nous votre personnage.
Cécile de France :
Madame Forman, est un mix de Nicole Weil-Salon et de Lotte Schwarz, membres de l’OSE, œuvre de Secours aux Enfants, qui ont réellement existé. Lola Doillon s’est inspirée de l’enfance de l’Israélienne Fanny Ben-Ami racontée dans son livre. Cette directrice d’école que j’incarne était une personne complètement dévouée à la cause de ces enfants juifs. Ils n’étaient pas en colonie de vacances, ils avaient froid et faim. D’où un gros enjeu pour moi de retransmettre au plus près cette responsabilité historique, mais aussi cet investissement personnel et magnifique.

A.J.: Qu’est-ce qui vous a motivé pour accepter ce rôle ?
C.D.F. :
La beauté du scénario et la grande émotion, allant jusqu’aux larmes que j’ai eue en le lisant. Et l’envie de raconter à nos enfants pour ne pas que cela se reproduise, tout comme l’hommage à tous ceux qui n’ont jamais revu leurs parents ou qui sont morts dans les camps. J’aime beaucoup aussi Lola Doillon que j’ai connue sur un film de Cédric Klapish.

A.J.: Le film se raconte du point de vue des enfants.
C.D.F. :
C’est intéressant, parce que le film est basé sur le témoignage de Fanny Ben-Ami qui a vécu cette histoire en tant qu’enfant, et par la collaboration d’historiens. C’est d’autant plus touchant quand on voit une gamine fragile qui a besoin de ses parents, et ne les reverra pas. En tant qu’adulte et ancienne enfant, je trouve cela intelligent et plus sensible de prendre ce parti pris. En jouant Madame Forman, j’ai surtout pensé à la vie de ces enfants.


« Cette directrice d’école que j’incarne était une personne complètement dévouée à la cause de ces enfants juifs ».

A.J.: Ce film peut-il avoir un impact au-delà de la communauté juive ?
C.D.F. :
Au niveau des migrants par exemple. Nous, les artistes sommes là pour ouvrir les esprits, briser les barrières de mentalité, et surtout changer notre regard d’humanité sur l’autre. Comme nous sommes en guerre, ce film peut avoir une résonance réelle.

A.J.: Alors un mot sur la recrudescence de l’antisémitisme qui va jusqu’à tuer dans une école juive ?
C.D.F. :
C’est un grand étonnement, comme si rien ne s’était passé, comme si toutes ces vies sacrifiées n’avaient pas fait avancer la progression de l’être humain. Par la parole et le travail des historiens, des artistes, des journalistes, et des anciens qui vont bientôt disparaître, on doit éviter l’oubli. La culture est importante. L’antisémitisme d’aujourd’hui est dû à l’inculture.

En salles : « Le voyage de Fanny » de Lola Doillon avec Léonie Souchaud, Cécile De France, Stéphane de Groodt.

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