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30 Novembre 2020 | 14, Kislev 5781 | Mise à jour le 04/08/2020 à 22h39

Rubrique Culture/Télé

Ami Flammer : « Transmettre une mémoire à mon fils »

Avec sincérité et une grande générosité le violoniste Ami Flammer, maintes fois primé internationalement, se raconte dans un livre émouvant. (1)

Actualité Juive: Avec "Apprendre à vivre sous l'eau" vous passez d'une langue musicale à une langue des mots. Qu'est-ce qui vous a donné envie de passer à l'écrire ?
Ami Flammer :
Je voulais faire publier les écrits de ma mère qui racontait la guerre et sa déportation en Ouzbékistan. Des éditeurs ont demandé des corrections, mais elle  est décédée. Ils m'ont alors proposé de raconter la suite. Je n'ai pas immédiatement compris et ils ont précisé la suite c'est vous. Alors je me suis mis à écrire. Quand je joue j'ai l'impression de m'adresser aux gens, donc j'étais ravi de le faire avec des mots. C'est aussi une façon de transmettre une mémoire à mon fils de dix ans.

A.J.: Vous avez fait de la musique votre profession, que vous reste-t-il de l'Hashomer Hazaïr ?
A.F. :
J'y ai appris énormément de choses. J'y ai lu le manifeste du parti communiste mais aussi suivi des cours sur les astres, sur tous les problèmes du monde. C'était formidable et à la fois un peu fou. C'était un mouvement sioniste et en même temps assez stalinien, on n'avait, par exemple, pas le droit de flirter. J’en ai gardé un vrai sens du partage, de la collectivité et je leur en suis très redevable. Je dis souvent être le seul enseignant au conservatoire à faire une classe collective, au sens ou on vit ensemble. Les élèves sont là tout l'après-midi. On fait des pauses ensemble, on va parfois voir des films ayant un rapport avec ce qu'on est en train de travailler. Cette vie de groupe vient de l'Hashomer et cette capacité à partager, à créer un groupe, à être collectif aussi.

A.J.: Maintenant que vous avez écrit des mots,  avez-vous envie de vous mettre à la composition musicale comme vous l'avez parfois fait pour Marguerite Duras ?
A.F. :
J'ai envie mais j'en suis incapable. Trop de gens font des choses qu'ils ne savent pas faire pour que je le fasse moi aussi. Il faut apprendre énormément de choses essentielles. Cependant j'aime faire des musiques de scènes et peut-être qu'un jour j'écrirai une pièce pour violon.

A.J.: Une dernière petite question, que pensez vous de l'Orchestre debout, place de la République ?
A.F. :
Ça me touche énormément qu'enfin dans un mouvement populaire il y ait de la musique classique et pas du mauvais rap ou rock fourre-tout.


(1) Ami Flammer, « Apprendre à vivre sous l'eau », éd. Christian Bourgois, 236 p., 14 euros.

Débat et musique le jeudi19 mai 2016 à 20 heures.
A la Maison de la culture yiddish : 29 rue du Château  - 75010 Paris. Et le jeudi 26 mai 2016, à 19h45 à La Plume Vagabonde : 32 rue de Lancry - 75010 Paris.

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