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15 Décembre 2017 | 27, Kislev 5778 | Mise à jour le 14/12/2017 à 14h19

Rubrique France/Politique

Valls, l’ami d'Israël qui venait parler de paix

Crédit DR

Le Premier ministre arrive dimanche en Israël, au moment où la France se voit accusée d’« impartialité » par Jérusalem, après le vote à l’Unesco sur les lieux saints.

Après la loi El Khomri, le processus de paix. A l’aune du conflit israélo-palestinien, les soubresauts autour de la réforme du code de travail apparaîtront peut-être moins vertigineux aux yeux de Manuel Valls. Alors que François Hollande a annoncé mardi, sur Europe 1, et à la surprise générale, le report à l’été de la conférence de Paris sur le Proche-Orient, le Premier ministre va tenter, du 22 au 24 mai, de lever les résistances, principalement israéliennes, au réengagement de la diplomatie française dans ce dossier emblématique.
La réception de Manuel Valls devrait être plus chaleureuse que celle réservée à Jean-Marc Ayrault, le week-end dernier. L’engagement de l’ancien maire d’Evry contre les nouvelles formes d’antisémitisme en France est apprécié côté israélien. Le chef du gouvernement se recueillera d’ailleurs, le 23 mai, au cimetière de Givat Shaoul, à Jérusalem, devant les tombes d’Ilan Halimi et des victimes des attaques terroristes contre l’école Ozar Hatorah de Toulouse, en 2012, et l’Hyper Cacher de Vincennes en 2015. Cela avant le traditionnel passage à Yad Vashem, ce qui traduit en creux la prise de conscience d’une évolution du combat : ces meurtres ont constitué autant de dates-clés de la radicalisation de la judéophobie en France, alimentant un puissant mouvement d’alyah (environ 8000 départs en 2015).
C’est la première fois que Manuel Valls se rend en Israël en tant que Premier ministre, sa tournée dans la région en octobre dernier ayant eu pour seules escales l’Arabie Saoudite, l’Egypte et la Jordanie. Jugées alors « trop sensibles », les arrêts par Jérusalem et Ramallah visent aujourd’hui à expliquer le rôle qu’entend jouer la France pour rapprocher Israéliens et Palestiniens. M. Valls exposera sa vision en premier lieu devant les responsables de l’Etat hébreu. Des rencontres sont prévues avec l’ancien président israélien, Shimon Pérès, dimanche, puis avec son successeur, Reuven Rivlin, le lendemain, ainsi qu’avec le chef de l’opposition travailliste, Itshak Herzog. Mais c’est surtout l’entretien avec Binyamin Netanyahou, le 23 mai, qui permettra de mesurer si les explications de celui qui est considéré comme un ami d’Israël suffiront pour faire évoluer l’hostilité du gouvernement israélien à l’initiative diplomatique française.

Coopération économique
Dans la foulée, Manuel Valls se rendra à Bethléem pour un entretien avec le Patriarche latin de Jérusalem, Fouad Twal, qui a déclaré, en avril, à Rome, que l’Etat hébreu était un « régime militaire confessionnel ». « C’est la première fois qu’une minorité chrétienne se trouve à vivre au sein d’un Etat juif avec toutes les conséquences liées au fait d’être une minorité. Et il s’agit du premier cas dans l’histoire où une majorité juive dispose d’un Etat » avait affirmé M. Twal, lors d’une conférence devant le président de l’université de l’Opus Dei. « Mais cette majorité continue à se comporter et surtout à se défendre, comme si elle était en réalité une minorité, avec la tentation de vivre comme un Etat théocratique, inspiré par la Bible et non pas comme un Etat laïc ».
Avant le retour à Paris, un déjeuner se tiendra, mardi, avec le Premier ministre de l’Autorité palestinienne, Rami Hamdallah, après un arrêt devant le mausolée de Yasser Arafat. La partie palestinienne soutient la démarche française en laquelle elle voit un instrument de pression sur Jérusalem.
Le voyage sera également l’occasion d’afficher la coopération de la France avec les acteurs économiques israéliens et palestiniens. Manuel Valls inaugurera ainsi une centrale solaire à Zmorot, à Tel-Aviv, construite et opérée par EDF Energies nouvelles, avant de discuter avec des créateurs de start-ups françaises et franco-israéliennes. Avec l’espoir d’insuffler ce vent de fraîcheur sur le terrain de la diplomatie.

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