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28 Septembre 2020 | 10, Tishri 5781 | Mise à jour le 04/08/2020 à 22h39

1er jour de Souccot : 18h47 - 19h51

Rubrique Communauté

Sacha Reingewirtz : « Il y a toujours des combats à mener »

Crédit DR

Sacha Reingewirtz quittera la présidence de l’Union des Etudiants Juifs de France en octobre. Avant son dernier Congrès du 23 au 26 juin, il dresse le bilan de son action.

Actualité Juive: Quels sont vos sentiments à la veille de ce Congrès ?
Sacha Reingewirtz :
Très ému, et en même temps, très fier du travail que nous avons accompli dans une période très éprouvante pour les juifs de France. Je pense au rassemblement que nous avons organisé après l’attentat de l’Hypercacher. Le Premier ministre avait dit ces mots : « La France sans les Juifs, ce n’est plus la France » et j’avais lu la Prière pour la République. Quand nous avons su que Coulibaly avait motivé son acte en postant des vidéos, cela nous a poussés à continuer la lutte contre l’antisémitisme sur Internet. Nous avons fait retirer des vidéos de Dieudonné et fait condamner le site d’Alain Soral. Nous poussons aussi Twitter, Facebook et Youtube à réviser leur fonctionnement pour éviter que les discours de haine y trouvent une caisse de résonance. Nous avons d’ailleurs engagé une action en référé contre eux. C’est un combat qui concerne tous les Français.

A.J.: Pourquoi avoir autant insisté sur les actions de terrain ? 
S.R. :
Au-delà de la pédagogie, le meilleur moyen de déconstruire les discours complotistes était de rencontrer des populations de moins en moins en contact avec des Juifs. Cela a culminé avec notre voyage  de médiation interculturelle avec SOS Racisme et Beit Esther : nous avons amené en Israël des dirigeants d’associations de quartier. Cela permet de lutter contre le cloisonnement des juifs de France et faire en sorte qu’il n’y ait pas un territoire ou une ville où ils ne puissent pas se rendre.

A.J.: Comment entendez-vous ceux qui vous disent que les juifs doivent se protéger avant de dialoguer ?
S.R. :
En plus de sa gravité en soi, l’antisémitisme a un effet pervers : il crée des angoisses et des peurs, il renforce l’entre soi et le repli identitaire. A terme, construire des ponts prévient le danger. En plus, j’ai l’impression qu’il se passe quelque chose dans la société française. On a eu des années d’antisémitisme important, mais une majorité de Français en a pris conscience.

A.J.: Et pour l’antisionisme ?
S.R. :
Ceux qui relayent la propagande du boycott d’Israël sont en recul. Le BDS s’est marginalisé. Il y a quelques mois, on a reçu des étudiants israéliens dans les universités françaises, ils ont été accueillis avec curiosité.  Certains stigmates du passé ont un peu été effacés. Peut-être à cause de la nouvelle configuration en France où chacun est confronté au terrorisme. On s’identifie plus à ce qui se passe pour les Juifs et Israël. 

A.J.: Au milieu de tout cela, la montée du FN ne fait-elle pas figure de bataille d’arrière-garde ?
S.R. :
Non. La menace terroriste ne doit pas venir donner une légitimité au discours raciste de l’extrême-droite. Le FN a certes connu des évolutions dans sa direction, mais dans la pratique du pouvoir, il continue de porter une idéologie discriminatoire, antisociale, raciste. Il n’y a qu’à voir dans les villes qu’il dirige.

A.J.: N’est-ce pas frustrant de partir à la veille de la présidentielle ?
S.R. :
Il y aura toujours des combats à mener. Je suis content de passer la main à un moment où l’UEJF fonctionne bien. Il est très important que de nouvelles générations puissent parler et être fières de leur identité juive.

A.J.: Allez-vous transmettre une feuille de route à votre successeur Sacha Ghozlan ?
S.R. :
Ce sera décidé pendant le congrès. L’UEJF identifiera ses orientations pour les années à venir. Après, on pourra lui demander directement, je ne peux pas me prononcer pour lui !

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