Default profile photo

03 Juin 2020 | 11, Sivan 5780 | Mise à jour le 03/06/2020 à 08h06

Chabbat Nasso : 21h31 - 22h56

Rubrique Culture/Télé

Ishtar : « L’auteur de "Tel-Aviv Ya habibi Tel-Aviv" m'a proposé de reprendre sa chanson »

"Si le public aime et adopte l’album, alors, bien sûr, on parlera de scène !" (Crédit DR)

L’envie de transmettre une certaine idée de la fête et de la tolérance a donné naissance au nouvel album d’Ishtar, « Baïla ». Il y a du tube de l’été dans l’air…

Actualité Juive : Après la pause décidée à la naissance de vos jumeaux, il vous a fallu apprendre à conjuguer le rôle de mère et la vie d’artiste…
Ishtar :
J’ai gardé mes enfants jusqu’au Gan. La séparation a été difficile mais elle m’a permis de reprendre quelques concerts et de voyager. J’ai toujours gardé le contact avec mon public. Etre mère et artiste n’est pas facile. En plus, D.ieu m’a gâtée : avec des jumeaux, il faut toujours gérer deux demandes !

A.J.: Le single « A Paris », qui a précédé l’album, est un bel hommage à la ville qui vous a accueillie…
I. :
Nous étions en pleine préparation d’album avec TF1 quand l’auteur de « Tel-Aviv Ya habibi Tel-Aviv » », Doron Medalie, m’a contactée. Son idée était que je reprenne la chanson, afin de l’ouvrir à un public plus large. Lors d’un retour d’Israël, entre l’aéroport et la maison, mon fils s’est mis à chanter « A Paris, Ya habibi, à Paris » ! L’adaptation du titre hébreu prévoyait : « Vive la vie, Ya habibi, vive la vie » avec un tout autre contexte mais la phrase de mon fils s’est imposée et a donné « A Paris » comme premier single de l’album. Paris représente tellement dans ma vie…

A.J.: Les attentats parisiens ont forcément occupé votre esprit, tout comme la récente fusillade de Tel-Aviv…
I. :
Bien sûr. J’ai un attachement viscéral à mon pays natal, à ma famille. J’ai grandi en Israël avec la crainte des attentats. « A Paris » avait été enregistré avant les attentats de novembre. La question s’était posée d’annuler mon spectacle au Casino de Paris mais il m’a semblé qu’il ne me revenait pas de juger à la place du public. Je voulais être présente pour prouver que nous ne cédions pas à la peur. Si nous, les artistes, ne sommes pas là pour transmettre ce genre de message, qui le fera ? Cette soirée m’a appris combien la joie et la fête ont la capacité de rassembler. Ce concert inoubliable m’a confirmé que l’album en préparation devait être un appel à la fête.

A.J.: Ce titre gai et très dansant résonne comme une célébration orientale de Paris. En cela, il vous ressemble. Vous connaissant, on ne peut s’empêcher de penser que cette touche multiculturelle véhicule un message…
I. :
La musique installe une ambiance et suscite de la joie mais elle lance aussi des ponts, des messages de tolérance, d’amour et de paix. Au-delà de la fête,  il y a un appel au respect de l’autre. Tout l’album est dans cet esprit. Les chansons sont multiculturelles : certaines ont des couleurs méditerranéennes, d’autres puisent dans la variété française, comme celles d’Edith Piaf, de Francis Cabrel ou d’Alain Souchon…




« Au-delà de la fête, il y a un appel au respect de l’autre.»


A.J.: Comment s’est fait le choix de ces piliers de la variété française ?
I. :
Quand je suis arrivée à Paris, j’écoutais beaucoup Francis Cabrel et Alain Souchon. J’ai eu envie de les chanter en les emmenant dans mon univers. « Foule sentimentale » a pris naturellement un rythme très oriental. On a l’impression que cette chanson est née comme ça ! Quant à « Petite Marie », j’avais craqué sur la mélodie. Et dès que je rentrais dans la chambre de mes enfants, je fredonnais « Petite Shira… » et « Petit Lavi… ».

A.J.: Et la version franco-espagnole de « La foule » d’Edith Piaf ?
I. :
Un monument ! C’était risqué mais cette chanson m’est venue comme une évidence et elle a trouvé sa place.

A.J.: Le titre de l’album « Baïla », (« Danse » en espagnol) - pour lequel vous vous êtes très bien entourée - n’est pas démenti par le caractère festif et la rencontre de la pop orientale et des couleurs gipsy…
I. :
Ces chansons reflètent ce que je suis, la culture dans laquelle j’ai baigné et l’univers ensoleillé dans lequel j’entraîne mon public. Cet album, comme tous les précédents, traduit ce que je ressens et ce que j’aime transmettre sur scène.

A.J.: Peut-être prochainement une nouvelle scène ?
I. :
Je refuse de me programmer. Si le public aime et adopte l’album, alors, bien sûr, on parlera de scène !

Single « A Paris » - Album « Baïla » dans les bacs le 24 juin 2016.

Powered by Edreams Factory