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03 Juin 2020 | 11, Sivan 5780 | Mise à jour le 03/06/2020 à 08h06

Chabbat Nasso : 21h31 - 22h56

Rubrique Culture/Télé

Gilbert Montagné : « Il y a en Israël une force de vouloir et une croyance au pouvoir-vouloir »

« Il y a en Israël une force de vouloir et une croyance au pouvoir-vouloir». Crédit : www.gilbertmontagne.com

Gilbert Montagné nous donne rendez-vous à Tel-Aviv le 16 août prochain. Au programme, ses tubes et des titres inédits.

Actualité Juive : Dans un entretien accordé à « Actualité Juive », vous disiez votre joie d’être grand-père. Pourtant, le temps ne semble pas passer sur vous…
Gilbert Montagné :
Vous savez, je ne me force pas, c’est naturel. Avant notre rendez-vous, je me disais que j’avais beaucoup de chance de vivre ma passion. Cela fait quarante-cinq ans que ça dure et je m’éclate toujours autant, et même davantage ! J’adore être sur scène et en même temps, malgré l’expérience, j’ai de plus en plus le trac. Mais quelle merveille ! C’est beau de voir les gens chanter et oublier leurs barrières psychologiques. Je leur dis : « Ne regardez ni à droite, ni à gauche mais regardez en vous-même et lâchez-vous ! »

A.J.: Lorsque vous déclarez « Je ne sais pas si vous voyez ce que je vois », n’y a-t-il pas, au-delà d’une forme d’humour, une réalité ?
G.M.
A ceux qui me disent que je ne vois pas, je réponds qu’eux non plus ne voient pas comme je vois. Il est amusant de constater que les voyants ne sont parfois pas d’accord entre eux sur la nature exacte d’une couleur. Plus je vais dans ma vie, plus cela m’intéresse de creuser ma façon de voir. Reste qu’il faut mettre les points sur les i : il est encore très difficile, par exemple, de faire ses courses dans une grande surface car les produits ne sont pas étiquetés en braille. C’est souvent une vraie galère.

A.J.: On vous cueille en pleine tournée avec, notamment, un récent concert à Marseille en hommage aux victimes du génocide arménien, de la Shoah et en soutien aux chrétiens d’Orient. Parvient-on encore dans ce monde à organiser des soirées non chahutées où des confessions différentes se retrouvent autour de la musique et du talent ?
G.M. :
Cela s’est très bien passé. Rendre hommage à la mémoire de ces deux communautés qui ont souffert et à une troisième qui souffre en ce moment était une idée intelligente. J’ai, pour la première fois, chanté en arménien et ils ont eu l’air de me comprendre !


« A ceux qui me disent que je ne vois pas, je réponds qu’eux non plus ne voient pas comme je vois»

A.J.: Quel plaisir de vous savoir à Tel-Aviv en août mais quelle tristesse d’avoir à déplorer l’attentat qui a frappé Sarona peu de temps avant cette rencontre…
G.M. :
J’ai chanté à Ra’anana en 2006. La guerre venait à peine de se terminer. En 2014, j’ai chanté de nouveau à Tel-Aviv. Je crois humblement au bien que je peux apporter. La fusillade m’a évidemment bouleversé mais je dis souvent qu’il y a en Israël une force de vouloir et une croyance au pouvoir-vouloir et j’aime ça. Je regardais un reportage sur i24. C’était environ une heure et demie après l’attentat. La vie reprenait dans le quartier de Sarona. C’est la meilleure des réponses à apporter à ces attaques. Quand je suis en Israël, j’intègre la possibilité de devoir être confronté à un attentat mais cela ne m’arrête pas et ne m’empêche en aucun cas d’avancer.

A.J.: Alors, comme vous le dîtes sur votre site officiel « All together in Tel-Aviv »…
G.M. :
J’aimerais beaucoup que ceux qui ne m’ont jamais vu sur scène viennent ! Parce que c’est sur scène que je me révèle vraiment. J’adore qu’on me découvre ! Et j’adore l’acoustique de cette salle au Heichal Hatarbut. C’est une salle merveilleuse et ce qui s’y est passé lors de mon dernier concert était extraordinaire. Mes musiciens sont ravis de revenir en Israël. Il y a deux ans, c’était, pour beaucoup, leur première visite. Leurs familles avaient un peu peur. Ils ont été enchantés non seulement du show et du public - C’est l’un des meilleurs concerts, me disent-ils - mais aussi du feeling d’Israël. Cette année, il y aura aussi deux inédits qui ont à voir avec ma nouvelle page de vie…

A.J.: Avec une pensée pour Jeanne Kalfon, votre mère…
G.M. :
C’est pour moi une façon de lui montrer Israël et ce qui s’y passe. Je crois à la communication des âmes de ceux qui nous ont quittés. Et nul besoin des yeux pour cela… l

En concert le mardi 16 août 2016, à 20h00. Au Heichal Hatarbut. Renseignements et réservations : Israël : 03-6023619 ; France : 01 77 38 23 30 - www.israstage.com

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