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29 Mai 2017 | 4, Sivan 5777 | Mise à jour le 29/05/2017 à 15h58

Chabbat Nasso : 21h28 - 22h52

Rubrique Communauté

Un 16 juillet marqué par l’émotion et l’exigence de lutter

Serge Klarsfeld lors de son allocution le 16 juillet 2016. (Marylou Tremil)

Les manifestations du 74e anniversaire de la rafle marquée par la tragédie de Nice ont débuté le 15 juillet sous l’égide de « l’Association Mémoire et Histoire » présidée par Charles Tremil, en symbiose avec Pierre Aidenbaum Maire du 3e, par un rendez-vous du Souvenir au 14 rue de Bretagne dans le 3e, suivi d’une Lecture des noms des 87 enfants déportés du 3e devant la plaque érigée en leur mémoire au Square du Temple.

Le 16 juillet, à l’emplacement de l’ancien Vel d’Hiv où sera inauguré un  jardin avec un monument en 2017 portant le nom et l’âge des 4000 enfants internés en ces lieux s’est déroulé le rassemblement des FFDJF en présence de Philippe Goujon, Maire du 15e, Beate, Arno et Lida Klarsfeld, Claude Hampel de la CS du Crif, Laurent Goldberg de la MJP, Milo Adoner et Ginette Kolinka rescapés d’Auschwitz, ainsi que des porte-drapeaux des Associations de la Mémoire et Léon Fellmann, rescapé de la rafle du 16 juillet. Au cours de ce rassemblement avec participation de la chorale de Jacinta, et conduite du Kaddish par Charles Etienne Nephtali, Serge Klarsfeld réclama une minute de silence pour les victimes de Nice puis rendit compte des activités de l’année écoulée, avant de rendre hommage aux compagnons disparus ainsi qu’à tous les militants, et conclure par ces mots : « Oui, nous sommes inquiets à juste titre coincés entre le terrorisme islamiste et la montée électorale des populismes en France et en Europe… Alors soyons combatifs pour ne pas perdre courage et continuons à militer… »
   Le dimanche 17 juillet square des Martyrs Juifs au pied de la sculpture de Walter Spitzer, s’est tenue la cérémonie nationale à la Mémoire des Victimes des crimes racistes et antisémites de l’Etat Français et d’Hommage aux « Justes » de France, en présence de nombreux élus, et de  personnalités dont Anne Hidalgo, Maire de Paris, Catherine Vieu-Charrier, adjointe, chargée de la Mémoire, Son excellence Aliza Bin Noun, Ambassadrice d’Israël, le Grand Rabbin de France, Haim Korsia, Joël Mergui, au nom des Consistoires, Claude Hampel de la CS, Eugène Daumas au nom des Associations Tziganes, Philippe Allouche de la FMS, Serge et Beate Klarsfeld, ainsi qu’un noyau de rescapés d’Auschwitz et  une vingtaine de porte-drapeaux.
Après les prières des Grands Rabbins Alain Goldmann et Olivier Kaufmann, les dépôts de gerbes suivis de « la Marseillaise », Raphael Esrail, président de l’UDA fit part de son affliction après l’attentat de Nice, puis évoqua les circonstances tragiques des rafles avant de rendre hommage à Samuel Pisar et Elie Wiesel. Enfin, après avoir plaidé pour que soit réalisé « l’édification d’un bâtiment nouveau à Birkenau », et dénoncé la poussée actuelle de l’antisémitisme, le président de l’UDA céda la parole à Beate Klarsfeld qui souligna  « Qu’aucun Allemand non juif n’ayant pris la parole lors de cette cérémonie, c’était un honneur dont elle appréciait le prix ainsi que la reconnaissance pour avoir changé l’image de l’Allemagne et avoir rapproché le peuple Allemand et le peuple Juif, le peuple Allemand et le peuple Français. » Puis après avoir rappelé tout ce qui avait été entrepris par les Fils et Filles regroupés autour d’elle et de Serge durant 40 ans, Beate Klarsfeld confia : « S’ils se sont regroupés autour de nous, c’est probablement parce que moi sans lui je n’aurais rien pu accomplir en tant qu’Allemande et que lui sans moi n’aurait rien accompli en tant que Juif. Chacun de nous était faible : ensemble nous avons été forts pour une cause qui était juste et que nous commémorons aujourd’hui. » A sa suite, Jean-Michel Rosenfeld témoigna de son souvenir de la rafle de ses voisins et des familles qu’il vit monter dans les autobus, alors qu’il était âgé de 8 ans. Puis, Pierre François Veil, président du CFYV évoqua le sort des enfants Juifs et rendit hommage aux Justes, aux Prélats, au discours de Jacques Chirac en 1995, à Serge Klarsfeld, ainsi qu’aux grandes voix qui nous ont quittés, dont Elie Wiesel, avant d’exhorter l’assistance à se montrer fidèle aux victimes et aux Justes. Après cette intervention la jeune Jessie Chapuis, évoqua avec force la mémoire de ses arrière-grands-parents, Justes parmi les Nations, boulangers de leur état, qui sauvèrent les Dreyfus au péril de leur vie. Francis Kalifat président du CRIF, exprima lui sa solidarité à l’endroit des victimes de Nice, puis après avoir rendu hommage aux disparus : Samuel Pisar, Charles Palant et Elie Wiesel (annonçant bientôt une mémoire sans témoins) rappela que  « cette rafle d’une cruauté particulière à l’endroit des enfants était vertigineuse par sa dimension, son organisation, et son objectif » avant de rendre hommage à Serge Klarsfeld, initiateur du projet en 2017 à l’emplacement du Vel d’Hiv. Quant à Jean-Vincent Placé secrétaire d’Etat auprès du Premier Ministre, il témoigna de sa compassion à l’égard des victimes de Nice, puis faisant référence aux discours des présidents Jacques Chirac et François Hollande souligna combien « l’Etat avait failli en se mettant au service des nazis » avant de rendre hommage à Elie Wiesel, aux Justes, aux combattants, aux résistants, puis après avoir dénoncé le racisme et l’antisémitisme, il affirma pour conclure que « le travail de mémoire était une exigence de la République. » Comme chaque année cette cérémonie fut entrecoupée par un chant Yiddish et « le Chant des Marais », interprétés avec brio par Talila.
Le même jour, se sont déroulées des cérémonies à l’appel de l’Association du Convoi 6 (parti de Pithiviers pour Auschwitz le 17 juillet 1942), présidée par Alexandre Borecki, avec intervention de Philippe Goujon Maire du 15e à l’emplacement de l’ancien Vel d’Hiv, puis au Parc de Sceaux, sous la présidence de Yann Jounot, préfet des HS, Patrick Devedjian, député, président du CG, Joël Mergui, président des Consistoires, Elie Korsia, président des CJHS, avec la participation de Arlette Testyler, rescapée du Vel d’Hiv et du Camp de Beaune-la-Rolande et Haïm Korsia, Grand Rabbin de France. Le lundi 18 juillet s’est tenue à Drancy une cérémonie au pied du Mémorial de Shelomo Selinger, en présence du Préfet, des élus, de la communauté et de Raphaël Chemouni au nom du CHD. 

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