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04 Juin 2020 | 12, Sivan 5780 | Mise à jour le 04/06/2020 à 16h26

Chabbat Nasso : 21h31 - 22h56

Rubrique France/Politique

Raymonde Maman « recommençait à peine à reprendre goût à la vie »

Raymonde Maman, «une femme merveilleuse totalement consacrée à sa famille » (DR)

L'une des victimes de l'attentat de Nice, enterré jeudi, s'était installé en France après l'indépendance de l'Algérie.

« Elle avait la classe jusqu'aux bouts des ongles, elle ressemblait à Sophia Loren ». C’est la nièce de Raymonde Maman qui se remémore, devant l’AFP, la trace d’une tante fauchée par le camion d’un terroriste, à Nice, le soir du 14 juillet. Depuis une semaine, l’incertitude régnait sur le sort de cette Niçoise âgée de 77 ans. Certaines sources évoquaient dès dimanche la mort de cette « femme très aimée, très vive, très dynamique », alors que la famille continuait d’espérer qu’elle fasse partie des blessés dans le coma non encore identifiés. L’incertitude s’est envolée mardi.

Comme près de 150 000 Juifs d’Algérie, Raymonde Maman avait rejoint la France avec son époux au lendemain de l’indépendance en 1962. Oran derrière soi, destination Nice pour écrire une nouvelle histoire. « Ils étaient repartis de zéro » confie à propos de sa tante Karinne Bens Corsia. Les Maman ouvrent un bureau de tabac, boulevard Gambetta, dans le centre-ville ; la famille s’agrandit de deux garçons.


Perte douloureuse de son mari

Ces dernier temps, raconte la nièce, Raymonde Maman « recommençait à peine à reprendre goût à la vie, à voyager ». Elle apprenait à survivre à la mort de son mari, disparu il y a quelques années. Jeudi soir, les festivités du 14 juillet l'avaient conduite à se promener avec sa grande sœur, Claire, 83 ans, sur « la Prom », sous le ciel éclairé par les feux d’artifice. Mohamed Lahouaiej Bouhlel percute les sœurs, « fauchées sur le coup ». L’aînée, amputée des deux jambes, est toujours dans le coma. Elle n’assistera pas à l’enterrement de sa cadette jeudi midi.

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