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16 Décembre 2017 | 28, Kislev 5778 | Mise à jour le 14/12/2017 à 14h19

Rubrique France/Politique

Burkini: Manuel Valls recadre Najat Vallaud-Belkacem

Selon Manuel Valls, « ces arrêtés ne sont pas une dérive. C’est une mauvaise interprétation des choses » (Capture d'écran RMC-BFM TV)

Le premier ministre a pris ses distances, jeudi, avec les propos de la ministre de l'éducation dénonçant les arrêtés municipaux anti-burkinis.

Journée décisive pour le burkini. Alors que le Conseil d’Etat examinera cet après-midi, en audience publique, une requête de la Ligue des droits de l’homme contre un arrêté délivré par la ville de Villeneuve-Loubet, Manuel Valls est à nouveau monté au front pour exposer sa vision de choses sur cette question vestimentaire qui agite le débat public depuis plusieurs semaines.  Invité jeudi matin de RMC-BFM TV, Manuel Valls a condamné le burkini, « un signe politique de prosélytisme religieux qui enferme la femme ». Prenant ses distances avec la « conception libérale des Anglo-saxons » sur la laïcité, M. Valls a néanmoins assuré sa détermination contre les « discriminations » subies par les musulmans. Mardi 23 août, la police cannoise avait contraint une femme portant le hidjab de quitter la plage de la Bocca, suscitant l’indignation d’une partie des médias internationaux et la réaction outrée des autorités musulmanes, reçues le lendemain par le ministre de l’intérieur, Bernard Cazeneuve. « Nous ne sommes pas en guerre contre l’islam, qui a toute sa place dans la République » a insisté jeudi M. Valls.


Vallaud-Belkacem recadrée en direct

Mais c’est un autre de ses ministres qui s’est retrouvé au cœur de la longue interview du chef du gouvernement au micro de Jean-Jacques Bourdin. Quelques minutes plus tôt, Europe 1 recevait en effet Najat Vallaud-Belkacem. Appelée à réagir sur la polémique en cours, la ministre de l’éducation avait pointé les conséquences négatives des interdictions municipales qui, selon elle, « libère[nt] la parole raciste » et constituent une « dérive politique grave ». « La prolifération des arrêtés anti-burkini, je pense qu’elle n’est pas la bienvenue » a regretté la ministre. Si elle s’affiche opposée au burkini, « en tant que féministe, laïque, progressiste », Mme Vallaud-Belkacem s’interroge néanmoins sur les limites du contrôle que pourrait opposer la puissance publique en matière vestimentaire, au risque de malmener « nos libertés individuelles ». « Jusqu’où va-t-on pour vérifier qu’une tenue est conforme aux bonnes mœurs ».

« Ces arrêtés ne sont pas une dérive. C’est une mauvaise interprétation des choses » a aussitôt réagi M. Valls. « Ces arrêtés ont été pris au nom de l’ordre public ». Le recadrage de Manuel Valls sonne comme un désaveu public de sa ministre à la veille de la rentrée des classes. « Je ne suis pas d’accord avec elle ou c’est elle qui n’est pas d’accord avec moi » a assuré le chef d’un gouvernement au sein duquel s’affiche désormais les mêmes dissonances qui divisent la gauche dans son ensemble sur la question de la laïcité. 

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