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24 Octobre 2017 | 4, Heshvan 5778 | Mise à jour le 23/10/2017 à 19h07

28 Octobre - Chabbat Lekh Lekha : 18h21 - 19h23

Rubrique France/Politique

Protéger enseignants et élèves

Crédit DR

Après un été qui a maintenu le risque terroriste à un niveau très élevé, le gouvernement s’est voulu rassurant au moment d’annoncer les mesures de sécurité pour l’école.

Une école a déjà été visée par un attentat islamiste en France : en mars 2012, Mohamed Mérah faisait un carnage à Ozar-Hatorah Toulouse. Aujourd’hui, la menace est plus que jamais présente alors que les enseignants font explicitement partie des cibles de l’Etat islamique (EI). La revue francophone du groupe terroriste, Dar-al-Islam, en novembre 2015, enjoint de combattre les professeurs de l’Education nationale qui « enseignent la laïcité » et sont « en guerre ouverte contre la famille musulmane ». L’EI parle ainsi des enseignants comme des « ennemis de l’Islam ». C’est dans ce contexte explosif que les 64 000 établissements scolaires français reçoivent les professeurs le 31 août et les élèves à partir du 1er septembre. Le gouvernement a donc fait de la sécurité des écoles une « priorité absolue » en annonçant un certain nombre de mesures.
Tout d’abord, des patrouilles mobiles viendront renforcer la surveillance particulière qui s’exerce déjà aux abords des établissements scolaires. Les chefs d’établissement peuvent également s’appuyer sur les 2 391 gendarmes et policiers qui sont des correspondants « sécurité-école ». Le jour même de la rentrée, le 1er septembre, plus de 3 000 réservistes de la gendarmerie nationale sont mobilisés de façon à ce que les choses se passent bien. Sur le plan institutionnel, on peut aussi noter que les préfets réunissent à la rentrée « un état-major départemental de sécurité » exclusivement consacré à la protection des écoles. Par ailleurs, un fonds de 120 millions d’euros financé par l’Etat doit aider les collectivités locales (qui sont responsables des bâtiments scolaires) à engager de façon urgente des travaux de sécurisation (comme adapter les systèmes d’alarme afin de créer une alarme-attentat, installer un visiophone à l’entrée lorsque celle-ci est excentrée ou encore rendre opaques les vitres en rez-de-chaussée).
Mais, au-delà des aspects matériels, le gouvernement entend introduire une culture pérenne de la gestion des risques et de la sécurité dans les établissements scolaires en formant progressivement les cadres et les différents personnels, preuve supplémentaire que la menace exercée par le terrorisme islamiste est durable. Dans ce cadre, il impose l’organisation de trois exercices de sécurité dans les écoles – contre deux jusque-là – dont l’un doit simuler un attentat avec intrusion et être réalisé très tôt (avant les vacances de la Toussaint en tout état de cause). Enfin, les autorités académiques doivent se préoccuper de la mise à jour des répertoires téléphoniques des inspecteurs et des chefs d’établissement de façon à ce qu’une alerte par SMS puisse être diffusée rapidement. Un essai doit être effectué à la veille de la rentrée. Ces mesures visent à rassurer la communauté éducative sans tomber dans une sorte de « psychose » qui se révélerait contre-productive. On peut toutefois observer que les écoles ne disposent pas d’un personnel de sécurité particulier, alors que la plupart des lieux fermés (et marchands) ont engagé des vigiles. Pour des questions budgétaires, il n’est sans doute pas possible de sécuriser de cette façon toutes les écoles, mais cela serait de nature à vraiment rassurer les parents. Reste qu’il n’y a plus qu’à espérer que tout se passe bien…

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