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17 Décembre 2017 | 29, Kislev 5778 | Mise à jour le 14/12/2017 à 14h19

Rubrique Sport

Italie-France: la rentrée de la génération Griezmann

Antoine Griezmann, la nouvelle coqueluche des Bleus (DR).

La France affronte l’Italie ce soir à Bari en match amical, le Mondial 2018 en tête.

Pour les Bleus aussi, ce jeudi 1e septembre a un goût de rentrée. Avec quelques heures de décalage, cette joyeuse bande de copains, qui a touché du doigt l’éternité pendant 107 minutes, une nuit de juillet, au milieu des papillons, va retrouver son terrain de jeu favori.  Les affaires reprennent et ce n’est pas leur proviseur en chef, Didier Deschamps, qui s’en plaindra. Voilà la compétition qui se profile à nouveau.

Le rythme va monter en puissance au fil des jours, évoluant lentement du match de reprise aux rencontres éliminatoires.  Le premier col démarre ce soir sous le soleil accueillant de la Côte adriatique avant de gagner le ciel moins clément de la Biélorussie. Point de chute espéré : le Mondial russe dans deux ans.

On n’en est pas encore là. Les souvenirs d’un Euro entraînant ont résisté aux vagues de l’été, même à celles qui ont envoyé Moussa Sissoko aux quatre coins de l’Europe avant de lui permettre de retrouver son capitaine Hugo Lloris à Londres. Le parcours, à vrai dire pas toujours linéaire de l’équipe de France, du 10 juin au 11 juillet, a laissé des traces, et elles sont belles. De quoi poser des bases encourageantes pour la suite. L’Euro 2016 sera-t-il pour la « génération Grizi » ce qu’a été l’Euro 96 pour Zidane and co ? On a envie d’y croire. Revoir France-Allemagne, dans un Vélodrome en folie, renforce la foi.


Retour vers le futur

Du Vél’ au Stadio San Nicola, il n’y a qu’un pas, on le sait depuis vingt-cinq ans maintenant. Bari, cité des Pouilles et des pleurs, dans la légende des hommes pour Nicolas de Myre et Basile Boli. En mai 1991, Antoine Griezmann avait deux mois ; autant dire que cette première finale malheureuse des Marseillais en Coupe des clubs des champions ne doit pas occuper une place énorme dans son imaginaire footballistique. Ca tombe bien, Didier Deschamps – qui n’y était pas – a d’autres priorités ces jours-ci que l’histoire, à moins qu’elle soit encore à écrire.

Si l’Euro a démontré qu’il disposait désormais d’une ossature séduisante, le chantier reste ouvert sur certains postes. Le choix fort d’écarter Patrice Evra induit l’idée d’un passage de témoins qui s’est fait attendre sur le flanc gauche, même si le joueur de la Juventus n’a pas démérité, au moins dans l’état d’esprit. La décision, plus logique, de ne pas rappeler Karim Benzema induit pour sa part la conviction que l’homme fort de l’attaque, et des Bleus tout court, joue toujours à Madrid mais pas exactement au même endroit que l’année dernière à la même date.

Dans le duel tactique qui s’annonce face aux maîtres en la matière, le sélectionneur français devrait revenir au 4-3-3 qu’il avait délaissé en cours de compétition en juin au profit du 4-2-3-1 et surtout d’Antoine Griezmann. Le système a montré certaines limites mais offre davantage d’équilibre et de sûreté défensive sur les côtés. La nouvelle coqueluche du foot français, qui avait vu pendant l’Euro le jeu de l’équipe tourner autour de lui comme le miel attire les abeilles, sera la principale victime de cette posture tactique mais s’y pliera sans difficulté. L’équipe prime toujours et ce ne sont pas les Italiens qui contrediront « DD » en la matière.


Un bloc italien toujours aussi compact

Certes, Antonio Conte a délaissé la Squadra Azzura pour tenter de transposer l’ossature juventino-italienne à Chelsea. Il lui manquera l’expérience, l’intelligence tactique et la puissance de la « bande des quatre » Buffon-Chiellini- Barzagli- Bonucci presqu’au complet ce soir à l’exception de ce dernier. Le nouveau « Mister », Giampero Ventura, pourra lui s’appuyer sur l’essentiel de l’équipe-type qui avait fait une si belle impression jusqu’à son élimination aux tirs aux buts face à l’Allemagne (1-1, 5-6). Ce ne sera pas inutile au vu de la composition du groupe G duquel il lui faudra sortir en tête pour obtenir un billet direct pour Moscou. Le face-à-face avec l’Espagne s’annonce évidemment brûlant, mais jouer l’Albanie et Israël (dès lundi prochain, à Haïfa) peut réserver des surprises.

Rien n’est jamais parfaitement amical lorsqu’il s’agit d’affronter l’Italie. Le passif est moins lourd qu’avec les Allemands mais le souvenir de la finale perdue il y a dix ans navigue toujours au-dessus du ciel des relations transalpines. Il faudrait peut-être s’en inspirer ce soir. La dernière fois que la France avait affronté la Squadra Azzura après une défaite en finale d’une compétition internationale, la soirée s’était bien finie. En 2006, deux mois après une cruelle défaite contre Cannavaro et Materrazzi en finale de coupe de monde, Sydney Govou avait commis un doublé mémorable devant un Gianluigi Buffon qui s’en souvient peut-être encore (3-1). On remet ça ?

Italie-France, 20h45, TF1.


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