Default profile photo

16 Décembre 2017 | 28, Kislev 5778 | Mise à jour le 14/12/2017 à 14h19

Rubrique France/Politique

Ecoles juives: Emmanuel Macron cherche à éteindre la polémique

Crédit DR

Le Fonds social juif unifié, par la voix de son président Ariel Goldmann, a condamné très fermement mercredi 6 octobre, des propos tenus par l’ancien ministre Emmanuel Macron dans un entretien avec Jean-François Kahn publié par l’hebdomadaire Marianne le 30 septembre dernier. Interrogé sur la montée des communautarismes et ses conséquences pour le respect de la laïcité dans les établissements scolaires publics, le futur candidat à la présidentielle a déploré entendre

« peu de gens émus lorsque les conséquences de ce débat envoient de plus en plus d’enfants dans des écoles confessionnelles qui leur enseignent la haine de la République, professent des enseignements essentiellement en arabe ou, ailleurs, enseignent la Torah plus que les savoirs fondamentaux ».

La formule de l’ancien ministre est maladroite et on ignore si les écoles confessionnelles visées sont sous contrat d’association avec l’Etat ou pas. Le président du FSJU a fermement condamné ces propos jugés « profondément offensants, inexacts et caricaturaux ». Dans un communiqué, le FSJU « rappelle (à Emmanuel Macron) que l’accroissement du nombre d’élèves de confession juive dans les établissements confessionnels est principalement lié au choix de parents confrontés à l’augmentation de l’antisémitisme ces dernières années dans certaines écoles publiques ».

 « Il lui rappelle aussi qu’à l'instar de l'enseignement privé catholique, l'enseignement privé juif respecte scrupuleusement les programmes scolaires définis par le Ministère de l'Education Nationale ». Et que « que 90 % des enfants de confession juive scolarisés dans des établissements privés juifs le sont dans des structures sous contrat d’association avec l'Etat ». Pour Ariel Goldmann, « ces déclarations stigmatisent nos concitoyens ayant fait le choix de l'enseignement privé juif et témoignent d'une totale méconnaissance de la diversité des réalités éducatives de notre pays. Mr Emmanuel Macron aurait gagné à s’informer avant de s’exprimer de la sorte ».


En faveur d'"arrangements"

Quelques lignes plus tard, dans l’interview, le leader du mouvement En Marche condamnait pourtant les tenants d’une « laïcité revancharde dangereuse » en se déclarant favorable au maintien des « arrangements » qui ont toujours prévalu dans les établissements scolaires publics.

« Si on supprime les menus sans porc, que va-t-il se passer ? Des enfants partiront hors de l’école publique. De même avec les contrôles clés que l’on a toujours évité de faire dans les lycées publics le samedi matin pour ne pas pénaliser les élèves juifs. Si on rompt avec cet arrangement, les enfants partiront dans des écoles catholiques ou dans des écoles privées sous contrat qui leur permettent de ne pas travailler le samedi matin ». 
Powered by Edreams Factory