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29 Mai 2017 | 4, Sivan 5777 | Mise à jour le 26/05/2017 à 12h37

Rubrique Monde juif

Dernière chance pour les restitutions aux Juifs spoliés de Varsovie

Le ghetto de Varsovie (DR)

La Pologne laisse six mois aux rescapés de la Shoah et à leurs héritiers pour relancer des actions en restitution de biens spoliés à Varsovie.

En 1939, la capitale polonaise comptait près de 30% de Juifs. Six ans plus tard, la plupart avaient péri dans la Shoah et avec eux 90% des Juifs de Pologne. C'est alors l'occupant soviétique qui prend le relais. Le nouveau régime communiste va nationaliser tous les biens, y compris ceux qui avaient déjà été spoliés aux Juifs par les nazis. Pour se mettre en paix avec sa conscience, le gouvernement prend le Décret de Varsovie, qui donne aux anciens propriétaires le recours de demander des droits temporaires sur leurs biens. Une concession de pure forme, puisque la quasi-totalité des demandes n'est même pas examinée. Ce sont donc des milliers de dossiers qui tombent dans l'oubli.
Le 17 septembre dernier, la Pologne passait une nouvelle loi qui, sous couvert de réactiver la procédure, fixait en fait la date définitive de son enterrement. Les propriétaires ou leurs héritiers qui avaient déposé un recours en vertu du Décret de 1945 auront six mois pour se faire connaître et prouver leurs titres, s'ils veulent rentrer en possession de leurs biens. A l'issue de ce délai, les biens non réclamés ou dont la propriété n'aura pu être prouvée, seront définitivement transférés à la ville de Varsovie. La municipalité a publié sur Internet une liste de 2 613 adresses de biens en déshérence, mais sans fournir l'identité de leur propriétaire.

En 1939, la capitale polonaise comptait près de 30% de Juifs

Comment faire quand les intéressés ont disparu, oublié, ou que leurs enfants ignorent qu'une action a pu être intentée des décennies plus tôt ? C'est pour leur venir en aide que le WJRO, l'organisation juive mondiale pour les restitutions a décidé de mettre ses ressources à leur disposition. Sur son site Internet, l'organisation a mis en ligne sa banque de noms en la recoupant avec les adresses fournies par la mairie de Varsovie. Tous les biens concernés sont ainsi identifiés, mais la WRJO laisse peu d'espoir aux familles. Faute d'une preuve incontestable fournie dans le délai requis, elles perdront toute chance d'obtenir réparation. Et la Pologne, qui a vu se dérouler sur son sol la pire boucherie de l'histoire de l'humanité, pourra se rendormir du sommeil du juste.

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