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29 Mai 2017 | 4, Sivan 5777 | Mise à jour le 29/05/2017 à 15h58

Chabbat Nasso : 21h28 - 22h52

Rubrique Culture/Télé

Pierre Saragoussi : « Les jeunes juifs doivent participer à tous les débats de la société française »

(Crédit : Sandra Saragoussi)

Les dimanche 19 et lundi 20 mars 2017, le « Colloque des intellectuels juifs de langue française » renaît sous l’égide de la Fondation du Judaïsme Français lors de deux journées de rencontres et de débats autour du thème de « La montée des Violences ». Le vice-président de la FDJ, Pierre Saragoussi a accepté de nous dévoiler les dessous de son organisation.

Actualité Juive: Il y a tout juste 60 ans, la première rencontre d’intellectuels juifs de langue française, à l’initiative d’Aron Steinberg, Léon Algazi et Edmond Fleg, inaugurait la création du Colloque des intellectuels juifs de langue française (1957-2004). Pourquoi la Fondation du Judaïsme a-t-elle décidé de le relancer aujourd’hui ?

Pierre Saragoussi : La Fondation du Judaïsme Français abrite environ 80 autres fondations. Grâce aux moyens dont elle dispose, nous avons la possibilité de financer de multiples projets ou — ce que j’appellerais un peu pompeusement — quelques « grands projets ». Depuis trois années, la FDJ a ainsi fait le choix de financer quatre grands projets structurants qui s’articulent entre eux, ce qui ne signifie pas qu’elle n’en subventionne pas d’autres. Le choix stratégique a été de se tourner vers la jeunesse. Car, nous avons constaté qu’il fallait donner aux jeunes juifs la possibilité d’anticiper l’évolution de la société française. Nous avons ainsi demandé à Ipsos et à Dominique Schnapper d’installer un observatoire permanent — et dans quelques semaines, nous aurons de nouveaux résultats — sur l’évolution de la relation à l’autre au sein de la société française, en regard de ses minorités, juives ou musulmanes notamment. Une étude qui permet de poser un regard le plus objectif possible sur cette évolution de façon à ce que notre jeunesse puisse anticiper son avenir, en France ou ailleurs. Le deuxième grand volet est le cofinancement d’un projet initié par le FSJU qui s’appelle Noé, un lieu de formation de futurs dirigeants d’institutions ou de mouvements de jeunesse. Troisième élément, nous soutenons activement le renouvellement du contenu de l’exposition permanente du Musée d’art et d’histoire du Judaïsme. Et enfin, nous mettons en place un élan intellectuel dont le colloque fait partie, mais n’est qu’un élément. Nous espérons ainsi que ce colloque va être un signe important aux yeux des Français juifs, en particulier de la jeunesse, et que nous pourrons relancer le séminaire René Cassin, c’est-à-dire des rencontres régulières avec des jeunes qui prendraient l’habitude de travailler et de produire ensemble avec le soutien de la FDJ. Et un autre colloque devrait suivre en 2018, car nous nous engageons sur plusieurs années. Nous avons ainsi demandé aux organisateurs, Raphael Zagury-Orly et Joseph Cohen, de réfléchir à ce colloque avec cette perspective de transmission et en multipliant les formes d’interventions et même d’introduire de l’art sous la forme de vidéos. Les jeunes juifs, sans savoir toujours la place qu’ils occuperont dans le futur, doivent renforcer leur rôle en osant participer à tous les débats de la société française comme leurs aînés l’ont fait et reprendre leur place  d’intellectuels.


A.J.: Est-ce aussi l’actualité qui a inspiré le thème retenu pour ce colloque qui portera sur « La montée des violences »?

P.S. : À l’observation de la première tranche des conclusions de l’Observatoire que nous avons mis en œuvre, le thème de violence nous est apparu en germe. Une violence latente existe au sein de la société française et il fallait oser affronter ce thème. Il revient maintenant aux organisateurs et aux intervenants de le traiter de façon à rendre conscient que cette violence existe, mais que nous avons les arguments pour entrer en controverse avec nos amis et nos ennemis. Nous devons avoir l’audace d’en débattre sans nous cacher et sans avoir peur.


A.J.: Concernant la réception de ce programme, à qui s’adresse ce colloque, à des spécialistes ou à tous ?

P.S. : Nous voudrions qu’à ce colloque vienne, sinon une majorité de jeunes, mais au moins une large fraction d’entre eux. C’est la raison pour laquelle nous avons pris contact avec des mouvements de jeunesse et des associations d’étudiants comme l’UEJF et aussi, plus largement de l’ESSEC ou de Sciences Po afin de les sensibiliser à l’existence de ce colloque et de faire venir leurs membres, juifs ou non. Il n’y aura bien sûr pas que des jeunes, mais notre objectif est de rajeunir le public habituel des colloques et des rencontres qui sont habituellement programmées. 


A.J.: Le choix du lieu d’organisation du colloque, le Conseil Economique, Social et Environnemental, symbole de nos institutions républicaines, est-il anodin ?

P.S. : Non, pas du tout, car, en regard d’autres choix que nous avons étudiés, ce lieu nous a paru comme marquant la présence française, juive et républicaine. Nous avons ainsi été très heureux que son président nous accepte.


A.J.: Pour conclure, si vous deviez donner l’envie aux jeunes juifs de France d’assister au « Colloque d’intellectuels juifs de langue française», que diriez-vous ?

P.S. : Nous vous attendons nombreux parce que vous êtes l’avenir et cet avenir vous appartient. Nous pouvons initier certaines choses dont vous devez vous emparer afin que l’existence juive en France n’en pâtisse pas. 


Le programme est disponible sur : http://www.fondationjudaisme.org/colloque/

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