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29 Mai 2017 | 4, Sivan 5777 | Mise à jour le 26/05/2017 à 12h37

Rubrique Culture/Télé

Daniel Levi : « La foi, on la met à l’épreuve »

A Paris, les 11 et 12 janvier 2017 et à Tubize en Belgique le 26 mars 2017. Informations : www.daniellevi.fr.

À sa voix, l’une des plus belles de la chanson française, s’ajoutent un répertoire exigeant et une fidélité sans faille à ses convictions. Daniel Levi sort un nouvel album présenté sur la scène de La Cigale.

Actualité Juive : Que de noms prestigieux jalonnent votre carrière : Chopin et Musset que vous avez campés à une époque où la comédie musicale n’avait pas encore conquis le public français…

Daniel Levi : Ces spectacles comptent parmi les plus belles compositions que j’aie pu entendre dans des comédies musicales, qui n’étaient pas encore à la mode. C’est un souvenir impérissable qui m’a permis de côtoyer des artistes prestigieux.


A.J.: Gloria Gaynor vous avait engagé en première partie de sa tournée européenne…

D.L. : C’était dans les années 80. Elle en était à son énième tour du monde, dans la vague disco qui l’avait rendu célèbre.       On a fait une tournée en Europe, au cours de laquelle je présentais mon premier album.


A.J.: Ou encore Michel Legrand qui vous avait fait enregistrer des chansons pour la BO du film « Parking » de Jacques Demy (1985). Dans un livre, il dit rêver de réenregistrer les titres avec son « magnifique interprète »…

D.L. : J’ai rencontré Michel Legrand au moment où je remportais un certain succès dans les quartiers branchés des Halles, avec la pêche de mes 20 ans et mon répertoire soul ! J’ai enregistré plusieurs titres sous sa direction mais le comédien que j’étais censé incarner par ma voix -je tairai son nom- a exigé de chanter les chansons lui-même, ce qui a donné lieu à une dispute entre Michel Legrand et Jacques Demy….


A.J.: Sans oublier Disney, « Ce rêve bleu » et bien sûr, Moïse. Votre réponse à Elie Chouraqui, publiée dans « Actualité Juive », prouve que vous êtes un lecteur fidèle !

D.L. : Cela vaut-il la peine d’en reparler ? J’ai eu besoin de rétablir les faits, c’est tout !


A.J.: Un Levi incarnant Moïse après avoir décidé de devenir Chomer Chabbat, voilà qui a dû donner du sens à ce rôle… 

D.L. : Quand cette opportunité est arrivée, avec derrière moi vingt ans de métier, j’avais entamé ce processus de pratique de mon judaïsme. La question était de savoir si le virage que j’avais amorcé était sincère. La foi, on la met à l’épreuve. L’argument avancé selon lequel il en allait des intérêts de la production n’a pas fait le poids face à mes choix et j’ai tenu tête.


« J’aime à penser que mon travail est associé à un label de qualité »


A.J.: Le retour à une carrière solo, avec des albums réussis, vous a ramené à une exposition moindre. Vos centres d’intérêt - la musique classique, la littérature, la relation à D.ieu et le désir de qualité - ne sont-ils pas des marqueurs trop forts ? 

D.L.  : Après les « Dix Commandements », je suis revenu à quelque chose de plus personnel. J’aurais pu jouer davantage le jeu de l’industrie du disque mais il était temps de faire entendre ma musique. J’aime à penser que mon travail est associé à un label de qualité avec ce que cela comporte de risques. Une telle exigence réclame du public qu’il ait une écoute particulière. On va l’un vers l’autre.


A.J.: Vous allez vers lui grâce à ce nouvel album présenté sur scène, porteur d’une grande sérénité…

D.L. : On n’est pas dans la folie du monde. Il y a une volonté d’apaisement et de plénitude. J’ose croire qu’il y a de belles mélodies qui mettent la voix en évidence. Par ailleurs, les instruments ont été choisis pour leurs qualités intrinsèques : les cordes, le piano acoustique, les balais pour la batterie…Même si ça « groove », ça reste une partition entre soul, jazz et classique. J’ai composé les quinze chansons, j’ai arrangé avec Laurent Elbaz qui a aussi écrit les cordes et je me suis entouré de deux auteurs, Ralph Adamson et Marc Elya.


A.J.: Quels sont les thèmes ? 

D.L.: L’amour sous toutes ses formes ! Je parle aussi du monde après la vie. Je ne suis pas moraliste mais j’essaie, sans condescendance, de prendre de la hauteur.


A.J.: A ce jour, toutes les places sont vendues pour la première date à la Cigale…

D.L. : On a dû ouvrir le 12 janvier que l’on prend le pari de remplir ! Les gens n’ont pas encore écouté l’album et ils viennent spontanément, sur la base d’une relation de confiance. 


A Paris, les 11 et 12 janvier 2017 et à Tubize en Belgique le 26 mars 2017. Informations : www.daniellevi.fr.

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