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22 Octobre 2017 | 2, Heshvan 5778 | Mise à jour le 18/10/2017 à 16h53

Rubrique France/Politique

Patrick Beaudouin : « L’attaque de l’Hyper Cacher a bouleversé Saint-Mandé »

"Ces barbares n’aiment pas les Juifs parce que Juifs, détestent les chrétiens comme moi, car nous ne pensons pas comme eux" (DR).

La municipalité de Saint-Mandé, voisine de l’épicerie cacher tristement célèbre, organise dimanche 8 janvier une cérémonie de commémoration en hommage aux victimes et aux otages de l’attaque.

Actualité Juive : Vous honorerez ce week-end la mémoire des victimes de l’attaque de l’Hyper Cacher, mais aussi de celles de l’ensemble des actes terroristes survenus en France ces dernières années. Quel est le message politique que vous souhaitez transmettre en rassemblant ces différentes mémoires ?

Patrick Beaudouin : Celui de la solidarité avec celles et ceux touchés par ces actes barbares, ces tueries horribles que nous avons vu proférer contre notre civilisation. C’est aussi l’occasion d’y apporter une réponse : soyons ensemble vigilants, solidaires et responsables pour répondre à la guerre que nous impose le totalitarisme islamique, comme l’a très bien défini François Fillon. Nous devons défendre bec et ongles nos valeurs républicaines, sans peur. 

Nos amis de la communauté juive ont été les premiers à être attaqués, comme souvent avec les totalitarismes. La communauté juive a beaucoup souffert, depuis le meurtre d’Ilan Halimi, en passant par l’attaque de l’école Ozar Hatorah de Toulouse, en 2012. Elle est le symbole de cette civilisation judéo-chrétienne qui, à travers sa sagesse, sa culture, sa foi, ses fois, a promu une logique de respect d’autrui et de savoir-vivre ensemble. 

 Ces barbares n’aiment pas les Juifs parce que Juifs, détestent les chrétiens comme moi, car nous ne pensons pas comme eux. Ils haïssent les femmes qu’ils préfèrent réduire en esclavage, et rejettent la culture, soit tout ce qui fait la base de la cohésion nationale. Ils n’aiment qu’eux-mêmes et leur folie meurtrière. 


A.J.: La tuerie de l’Hyper Cacher a marqué la France. Elle a aussi certainement choqué les habitants de votre commune. Qu’est-ce qui a changé dans le regard de vos administrés dans leur rapport à l’espace public saint-mandéen, à leurs quartiers ? 

P. B. : Ils ont été choqués que l’on puisse s’attaquer à leur ville, même si l’Hyper Cacher est formellement situé dans une avenue parisienne, à la lisière de Saint-Mandé. Emus également que l’on puisse s’en prendre à nos amis de la communauté juive, leurs « frères » saint-mandéens. Cet événement a eu des conséquences très fortes dans la commune, notamment suite au confinement des bâtiments scolaires lors de la prise d’otages, le 9 janvier 2015. Accompagner devant une crèche des policiers avec des mitraillettes, comme j’ai dû le faire le lundi suivant l’attaque, ce n’est pas ma France. Des psychologues sont intervenus dans des écoles pour échanger avec les élèves et les professionnels de l’éducation. J’ai moi-même reçu des otages de l’Hyper Cacher qui m’ont raconté leurs histoires, entre rires et larmes. Tout cela a bouleversé notre ville, à l’image de l’émotion nationale suscitée par ce drame. 


A.J.: Quel a été l’impact de cet événement sur vos administrés de confession juive ? Avez-vous repéré parmi eux un besoin d’être rassuré ? D’autres familles hésitent-elles désormais à s’installer à Saint-Mandé ? 

P. B. : Plusieurs sentiments se sont mêlés. Le lendemain de l’attaque, après avoir été au plus près de mes administrés de confession juive, je me suis rendu au sein de la communauté de Vincennes, limitrophe de Saint-Mandé. J’y ai constaté beaucoup de colère vis-à-vis de nos institutions et, dans le même temps, le besoin d’être ensemble et de continuer à vivre. A Saint-Mandé, les habitants juifs ont eu le sentiment d’être agressés chez eux, dans leurs rues, dans leurs boutiques. Certains se sont demandés s’il ne fallait pas « se disperser ». De nombreuses familles ont jugé nécessaire de s’éloigner de la ville et de s’installer ailleurs. D’autres au contraire sont arrivés. Je regrette les départs de ceux qui ont ressenti le besoin de prendre leurs distances avec Saint-Mandé pour tenter d’oublier et recommencer leur vie. Mais je les comprends aussi. 


*184 avenue Gallieni, à 10h30.

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