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24 Octobre 2017 | 4, Heshvan 5778 | Mise à jour le 23/10/2017 à 19h07

28 Octobre - Chabbat Lekh Lekha : 18h21 - 19h23

Rubrique Israël

Ouverture d'archives israéliennes sur les enfants yéménites disparus

Des enfants arrivent au camp de détention d’Atlit. (GPO)

Le gouvernement a décidé de rendre publics de nombreux documents classifiés et amassés par les trois commissions d'enquête qui ont tenté de faire la lumière sur ce drame.

Les archives nationales israéliennes ont publié le 28 décembre sur leur site Internet plusieurs centaines de milliers de documents émanant des trois commissions d'enquête nommées en 1967, 1988 et 1995 pour tenter de mettre fin à la controverse autour des "bébés yéménites disparus". 

Ces documents classifiés devaient être gardés secrets jusqu'en 2070 mais le gouvernement a décidé de les mettre à la disposition de l'opinion afin de contribuer à l'apaisement d'une polémique vieille de plus de 65 ans. Pourtant, leur publication n'a pas foncièrement modifié la situation car la plupart d'entre eux ont été utilisés par les trois commissions pour conclure que l'immense majorité des enfants étaient décédés et que seules quelques dizaines de disparitions demeuraient mystérieuses.  

Les faits remontent pour l'essentiel aux années 1948-1954. Durant cette période troublée, de nombreux jeunes enfants ont disparu de crèches et d'hôpitaux. Ils appartenaient dans leur immense majorité à des familles yéménites, mais on trouve aussi parmi eux des bébés originaires des Balkans et d'Afrique du Nord et même quelques ashkénazes. 

Dans l'immense majorité des cas, on a déclaré aux parents que leurs enfants étaient décédés sans leur montrer le corps, sans leur permettre de participer aux obsèques et sans leur remettre de certificats de décès.

La commission d'enquête parlementaire constituée en 1995 a reçu un peu plus de 800 demandes de renseignements, mais de nombreuses familles concernées n'ont pas effectué les formalités nécessaires. Le nombre des enfants disparus est généralement estimé à plusieurs milliers. Certains parlent de 4500 cas. Les groupes de militants qui tentent de faire la lumière sur cette affaire et les familles affirment qu'une grande partie des enfants disparus auraient été remis pour adoption à des familles ashkénazes, en Israël et à l'étranger. 


Témoignages accablants

Selon certains commentateurs, les archives publiées fin décembre confirment que même si certaines disparitions demeurent mystérieuses, elles ne résultent visiblement pas d'une politique délibérée des pouvoirs publics. Elles auraient été le fait d'individus bien introduits, animés par des préjugés culturels et raciaux, agissant plus ou moins de leur propre chef – dans certains cas pour gagner de l'argent.

On trouve cependant dans ces documents quelques témoignages accablants sur le trafic systématique de bébés qui avait lieu dans certains camps de transit ou d’hôpitaux, qui concernent les visites de touristes juifs étrangers, et le fait que des enfants disparaissaient chaque nuit durant certaines périodes. 



L'impression générale est que la publication de ces archives n'a pas apporté une contribution décisive à l'établissement de la vérité car on possédait déjà d'autres témoignages. 

Mais on continue à s'interroger sur les raisons pour lesquelles les pouvoirs publics mettent tant d'empressement depuis des décennies à étouffer cette affaire, depuis les destructions "accidentelles" d'archives, jusqu'à la négligence des commissions d'enquête sur l'authenticité des documents ou l'intimidation des militants en quête de la vérité. 

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