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13 Décembre 2017 | 25, Kislev 5778 | Mise à jour le 12/12/2017 à 17h23

16 décembre - Chabbat Mikets : 16h36 - 17h49

Rubrique France/Politique

POLITIQUE

Marine Le Pen au pas de charge

Isolée politiquement, la leader du mouvement d’extrême droite souffre également d’un déficit de crédibilité « présidentielle » (DR).

La présidente du Front national, en déplacement au Liban cette semaine, apparaît comme la favorite du 1e tour.

A deux mois de la présidentielle, Marine Le Pen a de quoi pavoiser. La présidente du Front national apparaît aujourd’hui comme la principale bénéficiaire de la dernière séquence politique d’une campagne dont le scénario surprend jusqu’aux scénaristes des meilleurs séries consacrées à la chose publique. François Fillon ? Embourbé par le « Pénélope Gate », l’ancien favori de la présidentielle se débat pour survivre politiquement. Benoît Hamon ? Son « horizon » équivoque sur la laïcité et la lutte contre le communautarisme nourrit les accusations d’« islamo-gauchisme ».

Certes, Emmanuel Macron profite mieux qu’elle du transfert d’une partie des électeurs de François Fillon (2,5% contre 0,5%), selon la dernière enquête du CEVIPOF-IPSOS-SOPRA pour Le Monde, publié en fin de semaine dernière. Cette étude confirme toutefois la solidité du socle électoral de la présidente du Front national (74% de soutiens définitifs), très loin devant le président d’En Marche !. Or la bataille des indécis (54% des sondés indiquent ne pas encore savoir pour qui voter, selon un sondage Odoxa) risque de s’avérer particulièrement décisive au printemps. Favorite du 1e tour avec 26 à 27% d’intentions de vote, Marine Le Pen améliore également sa position au second tour, pouvant espérer recueillir jusqu’à 44% contre M. Fillon (42% contre M. Macron). Le plafond de verre demeure, mais son étanchéité s’érode.


En quête d'attributs de présidentialité 

Isolée politiquement, la leader du mouvement d’extrême droite souffre également d’un déficit de crédibilité « présidentielle ». Une faiblesse qu’elle entendait en partie palier cette semaine avec son voyage au Liban, les 20 et 21 février.  Longtemps allié aux Phalanges, le FN s’est rapproché du président maronite pro-syrien Michel Aoun, soutenu par le Hezbollah, derrière « la coalition du 14 mars ». Du pain bénit pour afficher sa défense des chrétiens d’Orient et sa conviction que Bachar El Assad demeure « la seule solution viable en Syrie ».

Le grand écart n’était certes pas loin quand Marine Le Pen a rejoint le premier ministre sunnite, adversaire des pro-Assad, et qui l’a mis en garde contre tout « amalgame » entre islam et terrorisme. Reste que ces « divergences d’analyse » auront peu de poids face à certaines images. Celles montrant une candidate reçue, une fois n’est pas coutume, par un dirigeant étranger, ou  qui refuse, de manière ostentatoire, de revêtir un voile avant de rencontrer le grand mufti sunnite du Liban. Au pays du Cèdre, la présidentielle française guettait à chaque coin de rue. 

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