Default profile photo

30 Mai 2017 | 5, Sivan 5777 | Mise à jour le 29/05/2017 à 15h58

Chabbat Nasso : 21h28 - 22h52

Rubrique France/Politique

Benjamin Djiane : « Manuel Valls me soutient »

(DR)

Il se rendra le 20 mars en Israël, qui compte la plus forte concentration de Français de la circonscription, pour défier le député Meyer Habib. A la veille de son déplacement, l’ancien conseiller de Manuel Valls veut séduire en se plaçant sur le terrain des propositions socio-économiques.

Actualité Juive : Comment comptez-vous contester la domination de Meyer Habib, grand favori pour sa réélection ?
Benjamin Djiane :
Meyer Habib est le député sortant et fait figure, de fait, de favori. J’assume pour ma part d’être un challenger. J’ai le sentiment que les Français de cette huitième circonscription, de Rome à Jérusalem, méritent un député qui défende mieux leurs intérêts, qui soit plus attentif à leurs préoccupations et à leurs attentes.

A.J.: Voulez-vous dire par là que votre adversaire parle trop d’Israël et pas assez des Français d’Israël ?
B. D. :
Je me retrouve avec beaucoup de déclarations de Meyer Habib sur Israël. Mais ne nous trompons pas d’élection. Il s’agit bien de choisir le représentant des Français à l’Assemblée nationale. J’estime que le député actuel ne parle pas assez des étudiants, des retraités, des actifs qui veulent réussir et innover. Qu’il n’aborde pas suffisamment la question des équivalences, indispensable pour éviter le déclassement que subissent trop souvent les Français qui font leur alyah et qui ne trouvent pas immédiatement un emploi en arrivant en Israël. Meyer Habib défend Israël, et c’est une bonne chose. Mais je pense que le député de la huitième circonscription doit parler davantage des Français. Je veux être un député qui parle en bien de la France. Je suis fier d’être français. 

A.J. : Quelles seraient vos priorités ?
B. D. :
Les préoccupations des Français : l’éducation, l’équivalence des diplômes, la question des retraites pour faire valoir ses droits de retraite en France, la comptabilisation des années de travail à l’étranger. Le rôle de la France est d’accompagner ses concitoyens à l’étranger. Or je suis inquiet aujourd’hui parce que Meyer Habib soutient François Fillon qui veut 500 000 fonctionnaires en moins. Soyons réalistes : les postes de fonctionnaires qui seront les premiers supprimés seront ceux se trouvant à l’étranger, dans nos établissements scolaires, dans notre réseau consulaire et nos alliances françaises.

A.J.: Vous serez en Israël la semaine prochaine. Quel est votre rapport à cet Etat, à son histoire, à ses défis actuels, à sa culture ?
B. D. :
J’ai un attachement personnel à l’Etat d’Israël. C’est l’histoire de ma famille parce que je suis de confession juive et que j’ai de la famille qui y réside. Et puis Israël, au-delà de cela, est le seul Etat démocratique de la région. Il est confronté au défi du terrorisme, il est menacé dans son existence même. Quand on est un député français, logiquement, on doit défendre l’existence et la sécurité d’Israël.

A.J.: Vous évoquez votre confession. Estimez-vous indispensable de mettre en avant son identité et son attachement à Israël pour convaincre cet électorat ?
B. D. :
Je n’ai aucune leçon de défense d’Israël à recevoir. J’ai été attaqué par Pascal Boniface. Je me suis exprimé pour condamner le BDS. J’ai travaillé pendant cinq ans auprès de Manuel Valls, le dirigeant français le plus engagé sur ces sujets de toute l’histoire de la Ve République. J’ai été fier d’avoir été aux côtés de celui qui a interdit le spectacle antisémite et négationniste de Dieudonné ou les manifestations anti-israéliennes de 2014 dans lesquelles on a crié « Mort aux Juifs » dans les rues de Paris. La droite elle, de 2002 à 2012, ne l’a jamais fait.

A.J.: L’ancien premier ministre va-t-il participer à votre campagne ?
B. D. :
Manuel Valls me soutient. Et je ne doute pas qu’il s’impliquera très directement dans ma campagne.

Powered by Edreams Factory