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24 Juin 2017 | 30, Sivan 5777 | Mise à jour le 23/06/2017 à 12h34

1er juillet 2017 - Chabbat 'Houkat : 21h39 - 23h03

Rubrique Israël

Le shekel s'envole

(Flash90.)

Même face au dollar, la monnaie israélienne atteint des sommets. La Banque d'Israël s'efforce de freiner cette évolution dangereuse pour les exportations.

Alors que l'euro poursuit sa chute et que le dollar se renforce sur les marchés mondiaux, le shekel gagne des points face à l'ensemble des devises, y compris la monnaie américaine. On a peine à comprendre comment la monnaie d'un pays aussi petit qu'Israël continue de résister face aux devises des plus grandes entités économiques.

Le phénomène s'est accentué le 1er mars. Le cours officiel du dollar a chuté de 0,7 % et a été fixé à 3,632 shekels, soit son niveau le plus bas depuis le 15 septembre 2014. Quant à l'euro, il a perdu 1,4 % pour atteindre son niveau le plus bas depuis le 24 décembre 2001, 3,824 shekels. Même la livre sterling et le franc suisse ont cédé du terrain au shekel le même jour.

Après la fixation des cours officiels, la Banque d'Israël est intervenue et a acheté 300 millions de dollars pour tenter de freiner le renforcement du shekel, qui renchérit les produits israéliens sur les marchés étrangers, portant atteinte aux exportations de l'Etat hébreu. Ces efforts ont permis une légère remontée des devises étrangères. Ils se sont poursuivis le lendemain où la banque centrale a encore acquis 200 millions de dollars. 

Les résultats ne se sont pas fait attendre : le dollar est remonté le 2 mars de 1,54 % à 3,68 shekels, l'euro a gagné 1,47 % et son cours a atteint 3,88 shekels. Au cours des 12 derniers mois, le dollar a baissé d’environ 6,3 % par rapport au shekel  tandis que l'euro reculait de 9 %.  


Même la livre sterling et le franc suisse ont cédé du terrain au shekel

Le vice-gouverneur de la Banque d’Israël, Nadine Bodot-Trachtenberg, a expliqué ces mesures, déclarant notamment à l'agence Reuters : « Le shekel est surévalué, dans la tendance qui s’est révélée et qui s'est accentuée au cours des derniers mois ». Selon elle, la forte valeur du shekel, « ne reflète pas la véritable force de l’économie israélienne ».

Mme Bodot-Trachtenberg a en outre déclaré que l’intervention effectuée par la Banque d’Israël sur le marché des devises est un outil efficace. En ce début d'année, les réserves de change de la Banque d’Israël ont franchi le seuil des 100 milliards de dollars, et Israël est très bien placé dans le top mondial pour le volume des réserves de devises par habitant.

Le président de la Fédération des organisations économiques et des chambres de commerce israéliennes, Shraga Brosh, a demandé au gouvernement d'adopter une série de mesures  destinées à garantir la compétitivité des exportations. « La force du shekel frappe de façon spectaculaire les exportations israéliennes, a-t-il souligné, tant à court terme qu'à plus long terme où elle porte atteinte aux commandes ».

Mais la bonne tenue du shekel n'a pas que des inconvénients pour les Israéliens car elle fait aussi baisser le prix des marchandises achetées à l'étranger. « Un client qui achète aux Etats-Unis des produits pour une valeur de 74 $ les payera aujourd’hui 273 shekels contre 288 l’an dernier », explique un spécialiste. Elle réduit aussi le coût des vacances hors du pays car elle entraîne une baisse des prix des vols et des séjours dans les hôtels.

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