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24 Octobre 2017 | 4, Heshvan 5778 | Mise à jour le 23/10/2017 à 19h07

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Rubrique Israël

Netanyahou/Poutine : Empêcher l'implantation de l'Iran en Syrie

Binyamin Netanyahou en visite chez Vladimir Poutine (Flash90.)

Lors de sa rencontre avec Vladimir Poutine, Binyamin Netanyahou lui a rappelé l'opposition d'Israël à toute présence iranienne sur sa frontière dans le cadre d'un accord de paix en Syrie.

L'équation proche-orientale est en constante évolution. La perspective d'un accord réglant le conflit civil syrien pourrait faire entrer un nouveau paramètre qui inquiète sérieusement Israël : une présence pérenne de l'Iran sur la frontière du Golan, mais aussi en Méditerranée. Téhéran veut percevoir les dividendes de son action militaire aux côtés du régime de Bashar el Assad en renforçant son emprise sur la Syrie. Cela signifierait des positions militaires en bordure d'Israël et même l'établissement d'un port à Tartous, sur la côte méditerranéenne syrienne. 

La menace est devenue suffisamment concrète pour justifier la visite éclair que le Premier ministre israélien a effectuée le 9 mars à Moscou. Escorté du chef des renseignements de Tsahal et du conseiller à la Sécurité nationale, Binyamin Netanyahou a présenté à Vladimir Poutine un exposé stratégique de la situation vue d'Israël. Pas question de remplacer la menace du terrorisme djihadiste sunnite d'Al Qaeda et Daech par celle du terrorisme chiite de l'Iran, a expliqué en substance le chef du gouvernement israélien au président russe. « Concernant la Syrie, Israël n'a aucune objection à la réalisation d'un accord. En revanche, nous sommes catégoriquement opposés à ce qu'un tel accord maintienne la présence militaire en Syrie de l'Iran et de ses supplétifs. Je pense que le message a été compris », a indiqué Binyamin Netanyahou à l'issue de son entretien avec le chef du Kremlin.

Depuis bientôt deux ans que la Russie s'est invitée dans le conflit civil en Syrie, Jérusalem a réussi à mettre en place une coordination sécuritaire avec Moscou pour permettre à l'aviation de Tsahal de fonctionner sans risquer de collision avec l'aviation russe ou sa défense aérienne. Le dispositif tactique a jusqu'à présent fait ses preuves. Mais il faut désormais envisager la configuration stratégique qui se mettra en place à l'issue des pourparlers en cours au Kazakhstan. Et c'est là que le bât blesse. « Si l'idée est de conclure un accord de paix avec une frontière calme, c'est en contradiction avec [la volonté de l'Iran] de nous détruire depuis l'intérieur de la Syrie », a encore expliqué le Premier ministre israélien, qui a constaté qu'au moment même où il s'apprêtait à rencontrer le président Poutine, Téhéran annonçait le succès d'un nouveau tir d'essai de son missile balistique naval Hormuz-2, capable de détruire une cible mouvante en mer jusqu'à 300 kilomètres. « L'Iran continue à vouloir la destruction d'Israël et le grave même sur ses missiles », a rappelé Binyamin Netanyahou.

Mais la Russie a ses propres intérêts qui ne coïncident pas nécessairement avec ceux d'Israël. Moscou a tiré bénéfice de sa coopération tactique avec l'Iran pour repousser l'influence des djihadistes sunnites en Syrie, mais aussi dans le Caucase. D'autre part, la Russie doit encore réévaluer ses relations avec la nouvelle administration américaine. Si les deux pays entament un rapprochement, il pourrait se faire au détriment de l'Iran. Si au contraire, les relations se dégradent, Moscou préférera garder la carte iranienne dans sa manche. Dans ce jeu compliqué où Jérusalem plaide aussi pour la révision de l'accord sur le nucléaire iranien, il lui faut rester visible sur l'échiquier stratégique et faire comprendre aux acteurs principaux qu'ils ne pourront pas exclure Israël de la nouvelle équation du Proche-Orient.

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