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17 Octobre 2017 | 27, Tishri 5778 | Mise à jour le 17/10/2017 à 12h19

21 octobre 2017 - Chabbat Noah' : 18h34 - 19h35

Rubrique Israël

Olivier Rafowicz : Toute la frontière nord d’Israël est menacée par l’Iran et ses vassaux

(DR)

L’humeur de la semaine par Olivier Rafowicz, Colonel de réserve de Tsahal.

Le plateau du Golan est au centre de la stratégie de la République Islamique d’Iran contre Israël. Par l’intermédiaire de milices chiites composées de volontaires irakiens chiites entraînés et armés par la branche extérieure des services de renseignement iranien, le mouvement chiite Al Noujba menace Israël sur sa frontière nord face à la Syrie. La guerre civile qui ravage la Syrie depuis le 15 mars 2011 a produit une réalité géopolitique extrêmement complexe et multiple dans laquelle, avec l’aide militaire logistique et politique de la Russie, l’Iran a pris place de manière fixe sur le territoire syrien pour soutenir Bashar el Assad. De facto, l’Iran et Israël sont face à face, séparés par le plateau du Golan. L’affaiblissement et la dislocation de l’État syrien et de son armée ont créé des forces de remplacement chiites soutenues par l’armée iranienne, le Hezbollah et maintenant des forces militaires organisées irakiennes chiites, vassales de l’appareil de renseignement.

   Sayag Hashem el Mousavi, un des porte-parole du mouvement chiite irakien Al Noujba, a menacé il y a quelques jours, durant une conférence de presse, l’État d’Israël : « Nous avons formé un nouveau régiment pour reprendre le plateau du Golan aux « sionistes » et si le gouvernement syrien nous le demande, nous partirons au combat contre Israël ».


Une étincelle peut enflammer la région. Tsahal veille.

Au-delà de ces menaces, c’est Téhéran qui active ses marionnettes, au nom de « l’intérêt national syrien ». Cela fait déjà longtemps que Téhéran veut jouer le rôle de force « libératrice » sur cette frontière sensible où déjà des officiers supérieurs iraniens liés au renseignement militaire ont trouvé la mort lors d’opérations contre Israël. A ce front, s’ajoutent les menaces provenant du Liban. En effet, le président libanais Michel Aoun, chrétien, élu grâce au Hezbollah et à l’Iran, multiplie les prises de positions violentes et guerrières contre Israël. Ce n’est pas le Liban qui contrôle le Hezbollah mais le Hezbollah et son patron l’Iran qui contrôlent le Liban et son président. Michel Aoun parle d’unité entre les forces militaires libanaises, formées et armées par les USA et la France, entre autres, et le Hezbollah.

Toute la frontière nord d’Israël est menacée par l’Iran et ses vassaux, et cette frontière est    aujourd'hui, une zone de guerre potentielle, et une étincelle peut enflammer la région. Tsahal veille.

Pour contrecarrer cette influence iranienne grandissante, le Premier ministre israélien Binyamin Netanyahou a rencontré Vladimir Poutine à Moscou, il y a quelques jours, pour définir un champ d’action dans lequel les intérêts israéliens seront préservés.

Israël ne laissera pas l’Iran s’installer de manière fixe en Syrie, et pour cela il faut discuter avec la Russie, le gendarme de la Syrie. La Russie, d’un côté, a besoin de l’Iran pour permettre à Bashar el Assad de rester en place, de l’autre la Russie commence à être dépassée par l’indépendance de l’Iran, qui avance ses pions pour ses propres intérêts. Des pions qui peuvent amener à la confrontation entre Israël et l’Iran via le Hezbollah et autres forces chiites.

Pour l’heure, l’ennemi de la communauté internationale c’est Daesh, l’Etat Islamique, l’Iran étant toujours perçu, à part pour la nouvelle administration Trump, comme un adversaire de l’Etat Islamique, donc comme un allié objectif de l’occident.

Ce qui est clair, c est qu’Israël par des voies diplomatiques et militaires s’il le faut, continuera à combattre l’expansionnisme chiite iranien qui est toujours un danger existentiel pour l’État Juif. 

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