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29 Mai 2017 | 4, Sivan 5777 | Mise à jour le 29/05/2017 à 15h58

Chabbat Nasso : 21h28 - 22h52

Rubrique Israël

Israël acteur malgré lui du conflit syrien

L’armée israélienne sur le Plateau du Golan (FLASH90)

La politique israélienne du silence opérationnel et des mises en garde verbales suffira-t-elle à prévenir l'escalade sur le front syrien ?

Tant que le calme pastoral du Plateau du Golan reste troublé par les bruits des combats de l'autre côté de la frontière, les soldats de Tsahal sont tranquilles. La situation sera plus inquiétante le jour où les armes se tairont. Cela signifiera qu'Assad et ses alliés auront réussi à prendre le contrôle total de la zone. Et alors le président syrien devra payer le tribut : céder à l'Iran les positions de sa frontière avec Israël  et aussi quelques places stratégiques sur la côte méditerranéenne.

Depuis le raid du 17 mars et le tir par Israël de son premier missile Arrow contre un SA 5 syrien, rien n'est plus comme avant. C'est un nouveau rapport de forces qui se met en place. Cela fait bientôt six ans que Tsahal traque les mouvements d'armes du Hezbollah en Syrie. Cela avait commencé par le « déménagement » des arsenaux d'Assad vers ceux de la milice chiite au Liban. Pour les mêmes raisons – empêcher l'organisation terroriste libanaise de se doter de missiles qui inverseraient la supériorité stratégique au profit du Hezbollah – l'aviation israélienne avait ensuite pris pour cible les convois d'armes iraniennes qui venaient enrichir les stocks de la milice supplétive de Téhéran.

Aujourd'hui, la menace balistique du Hezbollah n'a pas disparu. Elle est même de plus en plus importante. Mais un autre enjeu stratégique est venu compliquer la donne : la mise en place d'une présence iranienne sur l'ensemble du front nord. Non seulement Assad est en train de reprendre pied sur le nord du Plateau grâce à la Russie et surtout grâce à l'Iran, mais la République islamique a réussi à avancer ses pions au Liban. Elle a remis au Hezbollah les clés des usines souterraines d'armements qu'elle a construites dans le sud du pays, lui donnant ainsi la garantie d'un approvisionnement quasi-continu, comme le révélait il y a quelques semaines Gadi Eisenkot, le chef d'état-major de Tsahal. 


Nouveau rapport de force

Depuis quelques jours, les dirigeants israéliens multiplient d'ailleurs les déclarations de mise en garde. Le général Eisenkot avertit que lors de la prochaine confrontation avec le Hezbollah, Tsahal ne fera plus aucune différence entre l'Etat libanais et l'organisation chiite. Le ministre de la Défense prévient la Syrie que si elle rouvre le feu sur l'aviation de Tsahal, c'est toute sa défense aérienne qui sera décimée. Quant à Binyamin Netanyahou, il assure que rien n'a changé dans la coordination avec la Russie, l'autre acteur influent de la scène syrienne, et qu'Israël conserve toute sa liberté de manœuvre. En attendant, Israël a repris le silence sur ses opérations en Syrie. 

Mais il paraît difficile qu'il puisse dissuader l'Iran de s'établir sur le Golan, même par des actions ponctuelles, sans risquer d'amorcer l'escalade. Reste alors l'option diplomatique face à la Russie et éventuellement aux Etats-Unis. Sauf que jusqu'à présent, Washington reste obstinément silencieux sur le dossier syrien.

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