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25 Juin 2017 | 1er, Tammuz 5777 | Mise à jour le 23/06/2017 à 12h34

1er juillet 2017 - Chabbat 'Houkat : 21h39 - 23h03

Rubrique Moyen-Orient/Monde

L’Egypte fait pression sur Abbas

Mahmoud Abbas et Abdel Fatah Al Sissi.

Le 28e sommet de la Ligue arabe devrait confirmer la volonté égyptienne de reprendre la main sur le dossier israélo-palestinien, quitte à déplaire à Mahmoud Abbas.

L’Egypte est de retour. Avec Abdel Fatah Al Sissi à sa tête, Le Caire est bien décidé à récupérer la position centrale qu’elle occupe traditionnellement au sein de la diplomatie arabe avant que les troubles consécutifs à la révolution de la place de Tahrir ne la remettent provisoirement en cause. Le 28e sommet de la Ligue arabe, qui devait s’ouvrir mercredi 29 mars, en Jordanie, pourrait confirmer la volonté égyptienne de peser sur les principaux enjeux de la région, en particulier sur le dossier israélo-palestinien. La méfiance de Donald Trump à l’égard de l’Iran a rassuré les puissances sunnites qui s’interrogent néanmoins sur l’avenir de la présence américaine au Moyen-Orient. Des sujets qui seront au menu de la prochaine visite de M. Sissi à la Maison Blanche, début avril, quelques semaines avant le déplacement de Mahmoud Abbas à Washington. 

En début de semaine, à l’occasion des réunions préparatoires à Amman, les ministres des Affaires étrangères des vingt-deux Etats membres de la Ligue arabe auraient mis au point, selon le quotidien arabe al-Hayat, une déclaration visant à distinguer « le terrorisme et la résistance légitime contre l’occupation israélienne ». La délégation palestinienne devrait également proposer un projet de résolution dans lequel les Etats arabes « réaffirment leur attachement à la solution à deux Etats et au droit de l’Etat de Palestine à recouvrer sa souveraineté sur les territoires occupés en 1967, y compris Jérusalem Est ».

Comme quinze autres chefs d’Etats arabes, Mahmoud Abbas a répondu favorablement à l’invitation du roi jordanien, Abdallah II. Sa première préoccupation consistera à s’assurer du soutien renouvelé de l’organisation à l’Initiative de paix arabe de 2002. Celle-ci pourrait en effet être reléguée au second plan par la volonté de Donald Trump de promouvoir un cadre de négociation régional avec Israël. Une idée qui séduit les Egyptiens et les Jordaniens, beaucoup moins Ramallah qui redoute l’isolement. 


Volonté égyptienne de peser sur les principaux enjeux de la région

Le président de l’Autorité palestinienne fait l’objet de pressions régulières de son voisin égyptien pour remettre de l’ordre au sein du Fatah afin de permettre aux Palestiniens de parler d’une même voix lors des pourparlers. Le 20 mars, Abdel Fatah Al Sissi recevait Mahmoud Abbas, une première depuis dix mois. Les motifs de brouille entre les deux hommes n’ont pas manqué ces derniers mois, notamment après le retrait, par le Caire, en décembre, au Conseil de sécurité de l’ONU, d’une résolution condamnant le développement des implantations en Judée-Samarie. L’influent ministre des Sports et potentiel successeur de M. Abbas, Jibril Rajoub, s’est même vu refouler par la douane égyptienne, le 27 février, alors qu’il s’apprêtait à rejoindre la capitale cairote. 

Selon plusieurs sources, citées par des médias arabes et israéliens, le président égyptien aurait clairement fait savoir à son hôte sa volonté de voir Mohammed Dahlan regagner la Judée-Samarie ainsi que son rang au sein des institutions palestiniennes. Exilé aux Emirats arabes unis, l’ancien chef des forces de sécurité préventive de l’AP à Gaza, jusqu’à son éviction par le Hamas en 2007, apparaît comme une menace existentielle pour Mahmoud Abbas. Proche d’Al Sissi, avec lequel il partage le goût des affaires militaires, M. Dahlan jouit d’une forte popularité dans les camps de réfugiés palestiniens. Des affrontements ont d’ailleurs opposé ces derniers mois les pro-Dahlan aux forces de l’AP. Dans le passé, M. Abbas a déjà mis son veto au retour de son ennemi juré. Cédera-t-il cette fois ?

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