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27 Mai 2017 | 2, Sivan 5777 | Mise à jour le 26/05/2017 à 12h37

Rubrique France/Politique

Raffarin? Bayrou? Le Drian? Les favoris du futur gouvernement

Le nouveau premier ministre Edouard Philippe peaufine avec Emmanuel Macron les derniers ajustements de ce premier gouvernement du quinquennat (DR).

Par une série de nominations transpartisanes, Emmanuel Macron cherche à faire de la République en Marche ! la force centrale de la vie politique française.

 A l’Elysée, des fidèles et une surprise

C’est un savant alliage de fidélité et d’expérience qui compose le cabinet du président de la République à l’Elysée. En marge de la passation de pouvoir, dimanche 14 mai, Emmanuel Macron a nommé cinq personnalités qui mettront en musique ses choix. La nomination d’Alexis Kohler comme secrétaire général de l’Elysée était attendue, celui-ci partageant avec le chef d’Etat une complicité ancienne, née sur les bancs de l’ENA. Pas de surprise non plus avec les choix d’Ismaël Emelien, brillant trentenaire flanqué du titre de conseiller spécial, et de Sylvain Fort, en charge de la communication présidentielle,  assisté notamment par Sibeth N’Diaye à la presse. Le documentaire de Yann L’Hénoret « Les coulisses d’une victoire », diffusé sur TF1 le lendemain du second tour, avait mis en valeur ce trio actif et dévoué, qui constitue, depuis plusieurs mois, voire plusieurs années, une partie de la garde rapprochée d’Emmanuel Macron.

En revanche, outre l’arrivée de l’expérimenté Patrick Strzoda, comme directeur de cabinet, c’est surtout le choix de Philippe Etienne comme conseiller diplomatique qui a quelque peu dérouté les amateurs de pronostics politiques. Non pas que l’intéressé ne corresponde pas au profil de sherpa du président, chargé en particulier de la préparation des futurs sommets internationaux. Ambassadeur à Berlin après avoir représenté la diplomatie française auprès de l’Union européenne, énarque et polyglotte, ce diplomate de 61 ans s’appuie en effet sur une longue expérience des affaires internationales. Mais un autre nom avait longtemps circulé pour succéder à Jacques Audibert : celui de Gérard Araud. L’ambassadeur de France aux Etats-Unis, qui a conseillé Emmanuel Macron pendant la campagne, aurait vu sa candidature battre de l’aile sous les coups de boutoir d’une partie du Quai d’Orsay. Une source proche des milieux diplomatiques a confirmé à Actualité juive que la ligne atlantiste de M. Araud lui aurait valu de sérieux adversaires au Quai, contribuant à affaiblir sa position auprès d’Emmanuel Macron.

 

Edouard Philippe à la tête d’un gouvernement de recomposition

Il espérait Xavier Bertrand - ou le laissait croire - mais le pari d’Emmanuel Macron est en bonne voie : en nommant lundi 15 mai Edouard Philippe à Matignon, le président pourrait bien fracturer la droite républicaine, après avoir laminé le Parti socialiste. La seconde étape de cette opération « refondation » passe par la séduction de poids lourds LR pour  bâtir un gouvernement qui comptera également des membres de la société civile, avec comme probable figure de proue Nicolas Hulot. Prévue initialement mardi après-midi, la présentation du gouvernement a été reportée au lendemain, afin de s’assurer de la situation fiscale des futurs ministres. Mercredi matin, plusieurs noms se détachaient, bien que la culture du secret soit savamment maîtrisée par le camp Macron.

Pour le ministère des affaires étrangères, deux personnes présentent de sérieux atouts. Le premier est Jean-Pierre Raffarin, ancien premier ministre et dernier président de la commission des affaires étrangères et de la défense du Sénat. Autre piste avancée avec insistance mardi, celle menant à François Bayrou, très tenté par un poste régalien, mais qu’on annonce également à la justice. Bruno Le Maire, qui fut directeur de cabinet de Dominique de Villepin au Quai d’Orsay (2002-2004), et l’eurodéputée Sylvie Goulard sont également évoquées, certes avec moins d’insistance.

A la défense, Jean-Yves Le Drian a longtemps été le favori pour se succéder…à lui-même. Si cette hypothèse demeure probable, une autre source, contactée par Actualité juive, indique néanmoins qu’il pourrait finalement retrouver la présidence de la région Bretagne, ou même rejoindre le ministère de l’Intérieur. Un dernier poste également convoité par le maire de Lyon, Gérard Collomb. Dans cette hypothèse, Nathalie Kosciusko-Morizet, voire le patron d’ATOS Thierry Breton, également cité à l’Economie et dont la proposition de créer un fonds européen de défense a plu à Emmanuel Macron, pourraient atterrir à l’Hôtel de Brienne.

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