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23 Septembre 2017 | 3, Tishri 5778 | Mise à jour le 20/09/2017 à 12h11

Rubrique France/Politique

Meyer Habib : « J’assume parfaitement ma proximité avec Israël »

(DR)

Le député Meyer Habib est reparti en campagne en vue d'un second mandat. A quelques jours du premier tour des législatives (le 4 juin à l'étranger), il défend son bilan et expose pour Actualité juive ses projets en cas de victoire.

Actualité Juive : Vous avez décidé de briguer un nouveau mandat de député, après votre élection de 2013. Quels sont les chantiers que vous souhaiteriez poursuivre ou ouvrir en cas de victoire?

Meyer Habib : Sur le plan national, ma priorité reste la lutte antiterroriste. Il est essentiel de s’inspirer des méthodes israéliennes, les meilleures au monde, pour renforcer notre dispositif et anticiper la menace. A ma demande, le Premier ministre Netanyahou s’est d’ailleurs proposé de partager avec la France le savoir-faire israélien. 

Sur le plan économique, le quinquennat socialiste laisse la France à la dérive. Il y a urgence à libérer l’activité économique, booster la croissance, baisser les impôts, augmenter le pouvoir d’achat.

Pour les Français de l’étranger, je veux obtenir l’abrogation des prélèvements CSG-CRDS sur les revenus du capital et rétablir le vote électronique. Je me battrai pour les moyens alloués à l’enseignement français à l’étranger : personnels, bourses scolaires, programme FLAM.

Je continuerai à occuper le terrain sans rien lâcher sur mes grands combats : défense du judaïsme (shehita, kippa, mila, kavod hamèt), lutte contre l’antisémitisme et l’antisionisme, contre le boycott, pour la reconnaissance de Jérusalem, capitale d’Israël…

En Israël, après des avancées significatives sur la reconnaissance des diplômes, je suis déterminé à poursuivre. Le Premier ministre Netanyahou m'a apporté le 15 mai des garanties sur les équivalences de permis de conduire et les diplômes de nouvelles professions. Je travaille également avec la Banque d’Israël et la Bank Leumi pour réduire les commissions bancaires qui ponctionnent le budget de nos retraités en Israël.


A.J.: Benjamin Djiane pour le Parti socialiste et Florence Drory pour la République en Marche! seront vos principaux challengers. Quelles sont les divergences fondamentales qui vous opposent à eux?

M.H. : Je suis le candidat unique de la droite et du centre. Face à moi, 13 candidats, dont 3 socialistes! Florence Drory n’est autre que la N°1 du parti socialiste en Israël, candidate malheureuse à l’investiture PS face à Benjamin Djiane, parachuté par Manuel Valls. Elle a ensuite arraché l’investiture REM contre entre autres le même Benjamin Djiane… Daphna Poznanski, candidate divers gauche, était quant à elle PS en 2012 lors de son élection - puis invalidation – dans la 8ème circonscription !

Si les Français veulent enfin tourner la page d’un quinquennat socialiste désastreux, stopper le terrorisme islamique, éviter l’immobilisme économique, baisser les impôts, la seule voie passe par un gouvernement de cohabitation avec une majorité LR-UDI ou une coalition de centre droit.

Je suis un pragmatique : quand une politique est bonne pour la France, je la soutiens. Au cours du dernier quinquennat, nous n’avons été que deux députés de l'opposition, Frédéric Lefebvre et moi-même, à voter le pacte de responsabilité. De même, j’aurais voté la loi "Macron" si Manuel Valls n’avait pas utilisé le 49-3.

Malgré toutes les propositions qui m’ont été faites, je reste fidèle à ma famille politique (LR-UDI), une valeur hélas en perdition. Au premier tour, j’ai soutenu François Fillon, qui avait le meilleur programme, au second, j’ai appelé sans hésitation à voter Emmanuel Macron face à Marine Le Pen.

J’ai un engagement républicain et défends la cause sioniste depuis plus de 40 ans. Sur Israël, tout nous oppose. Je suis croyant et profondément attaché aux valeurs de la Torah, ils sont laïcs, voire antireligieux. Je suis sioniste et viscéralement attaché à l’intégrité territoriale d’Eretz Israël, ils ne cessent de dénoncer les « colonies » et sont propalestiniens. Dois-je vous rappeler qu’en décembre 2014, lors du vote pour la reconnaissance unilatérale d’un Etat de Palestine à l’Assemblée nationale, sur 151 voix contre, une seule venait de la gauche ?



« Je suis croyant et profondément attaché aux valeurs de la Torah »


A.J.: Ces deux candidats vous reprochent en creux de vous être exclusivement focalisé sur Israël ces cinq dernières années et d'avoir négligé les Français des autres Etats de la circonscription. Que leur répondez-vous?

M.H. : C’est un mensonge et je suis écœuré que ces candidats, qui n’ont rien fait nulle part, misent sur le sentiment anti-israélien. Les faits parlent d’eux-mêmes : je me suis battu sans relâche pour les Français de l’étranger, qu’il s’agisse de fiscalité, de bourses scolaires, des lycées français.

Je me suis impliqué à chaque fois que j’ai été sollicité à Rome, Milan, Athènes, Nicosie ou Istanbul, sans parler des dizaines d’associations et des centaines de cas individuels que j’ai aidés. J’ai effectué plus de 30 déplacements hors-Israël auprès des communautés françaises, où j’ai souvent développé des liens très forts.

J’assume parfaitement ma proximité avec Israël, où résident près de 150 000 Français, dont beaucoup sont confrontés à des problèmes d’intégration complexes : emploi, permis de conduire, niveau de vie… Sans parler de la menace djihadiste. Il est de mon devoir de les aider, notamment en sensibilisant le Premier ministre Netanyahou à leurs préoccupations.

Enfin, le travail parlementaire se réalise d’abord à l’Assemblée. Vice-président de deux commissions d’enquête parlementaire, j’ai participé à des centaines d’heures d’audition, à la rédaction de plusieurs rapports. J’ai élaboré 3 propositions de lois, cosigné pas moins de 50 textes et des milliers d’amendements. J’ai initié des délégations parlementaires et posé 18 questions orales au gouvernement sans parler des centaines d’interviews et articles que j’ai eus dans la presse et à la télévision... Voilà mon activité parlementaire en quelques mots quand ma prédécesseure PS a été invalidée au bout d’un an avec un bilan proche de zéro.


A.J.: La dernière élection présidentielle a été marquée par un très faible taux de participation en Israël (moins de 15%). Comment comptez-vous mobiliser les électeurs dans ce pays? 

M.H. : C’est mon inquiétude première. Et pas seulement en Israël ! Jour après jour, je reçois de très nombreux messages de soutien, d’Israël évidemment mais aussi d’autres pays, comme aujourd'hui même un message très chaleureux de l’association Brescia Accueil en Italie. Ces témoignages me donnent beaucoup de force mais il faut voter.

Les Français d’Israël doivent comprendre les enjeux cruciaux de cette élection : veulent-ils, oui ou non, un député expérimenté, capable de se faire entendre sans langue de bois dans la prochaine Assemblée nationale ? Un représentant attaché aux valeurs du judaïsme, proche de leurs préoccupations et des décideurs israéliens, capable d'obtenir des résultats concrets ?

S’ils ne votent pas en masse, ils risquent d’avoir un député de cette même gauche qui a conduit le pays au bord du gouffre et tient un double discours sur Israël.

Mais, BéEzrat Hachem, je fais confiance à leur clairvoyance et je sens une très forte mobilisation sur le terrain pour que je puisse continuer à porter leurs voix et peser sur la politique française. 

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