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27 Mai 2017 | 2, Sivan 5777 | Mise à jour le 26/05/2017 à 12h37

Rubrique Israël

Des Franco-Israéliens dans les « Territoires palestiniens »

Courrier reçu par des habitants de Judée-Samarie (DR)

La mention de "Territoires palestiniens" sur les enveloppes des brochures électorales adressées aux binationaux résidant en Judée-Samarie a suscité l'indignation.

La France n'a certes pas reconnu, pour le moment, la Palestine de façon officielle, mais les Franco-Israéliens résidant en Judée-Samarie ont le sentiment que le Quai d'Orsay se comporte un peu comme si c'était chose faite. Ils ont en effet reçu les brochures électorales envoyées à l'approche de l'élection présidentielle dans des enveloppes portant la mention de « Territoires palestiniens ». 

Ce n'est pourtant un secret pour personne. La France ne reconnaît pas la souveraineté d'Israël en Judée-Samarie, dans les zones situées au-delà de la Ligne verte, qui, à l'exception de Jérusalem-Est, n'ont jamais été annexées par l'Etat hébreu. Comme la plupart des membres de la communauté internationale, Paris considère Jérusalem comme une entité à part (« corpus separatum »), conformément au plan de partage de la Palestine (1947), et la Cisjordanie comme un « territoire occupé ».

Mais les 6 000 binationaux installés dans les implantations de Judée-Samarie ne l'entendent pas de cette oreille. Ce sont des Israéliens et ils se considèrent comme des habitants de l'Etat hébreu. La mention de « Territoires palestiniens » les a donc particulièrement choqués et certains d'entre eux ont décidé de boycotter le scrutin en signe de protestation. 

Le député des Français de l'étranger, Meyer Habib (UDI), qui représente la circonscription où se trouve Israël et a récemment annoncé sa candidature à la réélection, a donc pris sa plus belle plume pour protester auprès du ministre des Affaires étrangères, Jean-Marc Ayrault. Il a envoyé une copie de ce courrier au président de la République François Hollande, et à Emmanuel Macron, qui était alors candidat à l'élection présidentielle. 

« C'est avec consternation que j'ai appris l'utilisation de la mention de 'territoires palestiniens' dans les adresses d'expédition utilisées par le Quai d'Orsay pour une grande partie de nos compatriotes de la circonscription de Jérusalem », écrivait le député. Pour lui l'utilisation de cette terminologie serait une « provocation, ayant pour effet d’humilier les Français d’Israël et témoignerait du biais antisioniste d’une partie de nos diplomates ». 

La lettre de M. Habib crée une certaine confusion entre deux secteurs relevant du consulat général de France à Jérusalem, une mission diplomatique indépendante de l'ambassade de France en Israël : Jérusalem, où les électeurs français reçoivent une enveloppe avec la mention de la ville, et la Judée-Samarie où le courrier adressé aux binationaux porte celle de « territoires palestiniens ». 

« Monsieur le ministre, affirme le député, pour avoir une quelconque crédibilité dans un futur processus de paix israélo-palestinien, que nous appelons tous de nos vœux, il faut être réaliste. Un retour aux frontières de 1967, fantasmé par les tenants de la ligne officielle du Quai d’Orsay depuis bientôt cinquante ans, est pure chimère. Jamais Israël ne l’acceptera ».  

« Il est grand temps de changer de logiciel, poursuit M. Habib. C’est une erreur d’analyse de se focaliser sur les frontières, d’être aveuglé par la question des 'territoires' ou de prétendues 'colonies' ». 

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