Default profile photo

25 Juin 2017 | 1er, Tammuz 5777 | Mise à jour le 23/06/2017 à 12h34

1er juillet 2017 - Chabbat 'Houkat : 21h39 - 23h03

Rubrique Israël

Unesco : La guerre d'usure

Siège de l’Unesco à Paris (Flash90.)

L'Unesco engrange une nouvelle résolution contre Israël. Mais la résistance israélienne commence à grignoter son pouvoir de nuisance.

« Ça suffit ! Ce théâtre de l'absurde quand il s'agit d'Israël doit cesser ! ». Dans l'atmosphère pastorale des jardins de la résidence du président à Jérusalem, les ambassadeurs étrangers venus participer à la garden-party de Yom Haatsmaout ont dû faire face à un Binyamin Netanyahou exaspéré. A Paris, le conseil exécutif de l'Unesco venait de voter une nouvelle résolution condamnant la politique d'Israël, « puissance occupante » dans la vieille ville de Jérusalem. Peu importait que tous les diplomates présents n'aient pas eux-mêmes pris part au scrutin, ni même que leurs gouvernements respectifs aient ou non approuvé le texte. Ce nouvel affront, le jour anniversaire de l'indépendance était décidément trop dur à avaler.

Le lendemain, l'ambassadeur de Suède – seul Etat d'Europe à avoir voté en faveur de la résolution - était convoqué au ministère des Affaires étrangères, pour entendre la protestation israélienne. Si la résolution de l'Unesco n'a pas réussi à gâcher la fête des Israéliens, qui ne cherchent plus d'explication rationnelle à l'acharnement de l'organisation internationale, leurs dirigeants en revanche, ne veulent pas en rester là. Miri Reguev, la ministre de la Culture est allée jusqu'à proposer d'expulser la mission de l'Unesco en Israël et de déloger l'Onu de sa représentation à Jérusalem, située d'ailleurs dans une zone annexée en 1967. Une proposition difficilement applicable, aussi longtemps qu'Israël restera membre des Nations unies.

Le chef du gouvernement israélien quant à lui, a ordonné une réduction supplémentaire de la contribution nationale au budget de l'Onu d'un million de dollars. Sur les 12 millions qu'Israël verse annuellement à l'organisation internationale et ses différentes agences, Binyamin Netanyahou avait déjà rogné quelque huit millions au fil des résolutions condamnant Israël, et ne participera qu'à hauteur de 2,7 millions de dollars en 2017. On est évidemment loin des chiffres de la contribution des Etats-Unis, principal financier des Nations unies, mais le geste est avant tout symbolique. Israël n'achètera pas au prix fort les verges pour continuer à se faire battre. 


Le combat n’est pas fini pour autant

Cette nouvelle gifle de l'Unesco n'est pourtant pas à classer totalement dans la catégorie des défaites. Depuis des mois, la diplomatie israélienne travaille en coulisses auprès de ses alliés pour limiter la casse et les convaincre que la politique de la réprobation systématique est à terme contreproductive pour tout le monde. Les Etats européens, à l'exception de la Suède, ne se sont pas rangés derrière les pays arabes, comme ils l'avaient fait à l'automne dernier. La Chine et la Russie en revanche, sont restées fidèles à leur ligne traditionnelle pro-arabe, sans essuyer pour autant la colère directe du gouvernement israélien. Au lendemain du vote, Binyamin Netanyahou soulignait d'ailleurs que les adversaires d'Israël ne sont plus majoritaires, si l'on prend en compte la totalité des votes contre et des abstentions.Le chef du gouvernement israélien a par ailleurs constaté que sur la scène politique intérieure, le consensus n'a pas fait défaut. « L'Unesco a passé une nouvelle résolution délirante sur le statut d'Israël à Jérusalem, capitale du peuple juif depuis trois mille ans. J'apprécie l'unité de la quasi-totalité des partis politiques qui ont rejeté cette décision absurde ». Le combat n'est pas fini pour autant. Une autre motion est attendue pour le mois de juillet, lors de la conférence de Cracovie sur le patrimoine mondial. 

Powered by Edreams Factory