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20 Novembre 2017 | 2, Kislev 5778 | Mise à jour le 17/11/2017 à 12h11

25 novembre - Chabbat Vayétsé : 16h43 - 17h53

Rubrique Israël

Natan Sharansky : « L’Alyah est un acte volontaire et libre »

Crédit : ALAIN AZRIA

Natan Sharansky avait annoncé en septembre 2016 qu’il quitterait la présidence de l’Agence juive en juin 2017 mais le Premier ministre Binyamin Netanyahou lui a demandé de poursuivre une année supplémentaire. Actualité juive l’a rencontré au Salon de l’Alyah organisé dimanche 14 mai à Paris.

Actualité Juive: Ces dernières années, vous avez opéré un changement de discours sur l’Alyah. Plutôt que d’encourager les gens à partir, vous avez cherché à renforcer leur sentiment d’appartenance à Israël, en particulier chez les jeunes via les programmes Massa. Expliquez-nous ce positionnement. 

Natan Sharansky : Je veux procéder de manière directe. Pendant des années, j’ai encouragé les Juifs du monde entier et en particulier ceux de l’ex-Union soviétique à venir vivre en Israël car je crois profondément en l’Alyah et qu’Israël est de loin l’endroit idéal. L’Alyah d’aujourd’hui est spéciale. Les Juifs ne doivent plus se battre comme à l’époque des pogroms. C’est un acte volontaire et libre, et une décision très personnelle. Les gens veulent vraiment appartenir à la communauté juive et l’Etat d’Israël est leur maison. Ils basent toute leur vie là-bas en connexion avec l’Histoire juive, la tradition et les Israéliens. De plus en plus de Juifs viennent vivre en Israël pour choisir de donner à leurs enfants la fierté d’être juifs. En appartenant ainsi à la communauté juive mondiale, ils garantissent le futur des autres Juifs. J’ai cherché à les défendre en exportant dans le monde les programmes Massa pour les jeunes.


A.J.: Les chiffres de l’Alyah française sont en baisse. Dans le même temps, de plus en plus de francophones rencontrent des difficultés d’intégration pendant leur première année d’installation. Que peut faire l’Agence juive dans ce contexte ? 

N.S. : Tout d’abord, regardez les chiffres entre 1987 et 2012 : plusieurs milliers de juifs français ont fait l’Alyah chaque année. Cela s’est stabilisé à 5 000 migrants puis il y a eu trois années plus importantes. C’est vrai qu’il y a eu un pic après les attentats terroristes. De plus en plus de juifs français se sentaient mal en France et sont partis en Israël. Les statistiques montrent qu’il y a entre 8 et 12% de retours. Il faut comprendre cette proportion à l’épreuve des changements drastiques de vie quotidienne liés à l’Alyah. L’Alyah de France, en particulier, connait trois difficultés : le travail, la reconnaissance des diplômes - ce dossier progresse doucement – et le logement. C’est pourquoi il est important de soutenir des associations comme Qualita qui favorise l’intégration des nouveaux immigrants francophones. 


Lobbying auprès du gouvernement


A.J.: Qualita, justement. Travaillez-vous avec elle, en particulier sur l’intégration professionnelle ? 

N.S. : Je pense que sans une telle organisation, le succès de l’Alyah serait impossible. Si vous voulez de bonnes générations d’immigrants qui se sentent chez eux, il faut se battre pour leurs droits immédiatement. Mon rôle est de créer des lobbys très actifs pour l‘Alyah française pour que les olim réussissent leur installation. Daniel Benhaïm et l’Agence juive en France travaillent dur pour aider les immigrants français. Une organisation professionnelle comme Qualita est importante car elle a recours à des canaux privés pour trouver du travail aux nouveaux immigrants. Qualita a une très bonne compréhension des problèmes d’équivalence des diplômes. L’Agence juive travaille avec elle. Elle l’aide en faisant du lobbying auprès du gouvernement. 

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