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24 Octobre 2017 | 4, Heshvan 5778 | Mise à jour le 23/10/2017 à 19h07

28 Octobre - Chabbat Lekh Lekha : 18h21 - 19h23

Rubrique Judaïsme

Parachath A’harémoth – Kédochim : Toujours plus haut

Notre calendrier nous propose de lire, ce chabbath, deux textes réunis en une seule paracha qui portera le nom de A’haré moth (Après la mort) et Kédochim (Saints). A la lecture des versets qui composent cet ensemble, un thème essentiel prend forme devant nous : la sainteté. Rachi, notre plus grand commentateur, nous dira que ce concept suppose la séparation, ou plus exactement la distance à prendre avec tout ce qui peut nous éloigner de D.ieu. Mais les deux noms de cette paracha iront plus loin en nous invitant à découvrir sur quelle mode d’action ambitieux se construit la sainteté.

La première paracha débute avec deux situations « hors norme » : la mention de la mort des deux fils de Aarone et le rituel de Yom Kippour. « Après la mort » des deux fils de Aarone qui moururent parce qu’ils cherchèrent l’extase et la fuite du monde et Yom Kippour qui élève le Juif au-delà des contingences du monde. On comprend qu’il s’agit ici d’une invitation à l’élévation vers la spiritualité. Il est évident que l’on ne doit pas imiter le désir des fils de Aarone et c’est l’allusion que l’on trouve dans le mot  « après ». « Après » cette mort pour D.ieu, il faut rentrer dans Yom Kippour qui consiste à rechercher la plus haute sainteté…tout en restant dans le monde.


Mission impossible ?

Mais ici, un danger insidieux se profile : celui de la conscience tranquille d’avoir atteint le plus haut degré de la sainteté ! Pour repousser une telle option, de prime abord légitime, la Thora rajoute la parachath Kédochim (saints) : même lorsque l’on s’est hissé jusqu’au jour le plus saint de l’année, il faut encore se projeter vers un nouveau degré de sainteté. En d’autres termes, ne jamais se contenter de nos acquis, mais chercher constamment à aller plus loin dans la quête de soi et de D.ieu. Il est important de préciser que le début de la parachath Kédochim ne nous demande pas d’être saints, au présent, car un tel état relève de l’impossible. Les mots sont précis : soyez saints. Le « futur impératif » est employé pour nous signifier qu’il s’agit d’une donnée permanente, en constante évolution qui ne doit jamais connaître le moindre relâchement. On pourrait alors se demander où puiser les forces d’un tel mouvement. La réponse se trouve au début de la paracha : « Soyez saints car Moi D.ieu, Je suis saint… ». Par une étude approfondie de la Thora pour connaître D.ieu et se rapprocher de Lui, on réveille en nous le désir de ressembler à Sa sainteté et de progresser constamment vers Lui.


Avec mon prochain

Mais nos Maîtres ajoutent un dernier point. Il est vrai que la parachath Kédochim nous offre une perspective audacieuse de la sainteté. Toutefois, ils s’étonnent de voir dans le premier chapitre un nombre important de commandements réglementer la vie des hommes en société : l’amour du prochain, la considération du pauvre, l’interdit du colportage, de la haine, de la vengeance ou de la rancune. Quel rapport doit-on lire entre une sainteté d’une grande élévation et des lois régissant les rapports entre les hommes ? La réponse vient comme un avertissement : à force de rechercher l’Infini, on pourrait négliger nos devoirs les plus élémentaires avec notre prochain. C’est pourquoi la Thora, juste après l’ordre de s’élever vers D.ieu, nous rappellera nos obligations de paix et d’harmonie avec les hommes.

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