Default profile photo

19 Novembre 2017 | 1er, Kislev 5778 | Mise à jour le 17/11/2017 à 12h11

25 novembre - Chabbat Vayétsé : 16h43 - 17h53

Rubrique Judaïsme

Naomi : Une belle-mère force le destin

Ruth a décidé de suivre sa belle-mère Naomi (DR)

Comment apprécier les actes de l’autre personnage central de la Meguila de Ruth, à savoir Naomi, la belle-mère de Ruth et la parente de Boaz ?

Si l’on adopte une vision chronologique, au début de la Meguila de Ruth, Naomi semble un personnage sans trop de relief. Suite à une famine survenue en terre d’Israël, elle suit son mari Elimelech dans le royaume de Moav. Puis, après le décès de ce dernier, ses deux fils épousent deux princesses locales sans que cela ne semble susciter une véritable opposition de sa part. 

Dix ans plus tard, les deux meurent à leur tour laissant leur mère « privée de ses deux enfants et de son mari » (Ruth 1-5). C’est alors qu’elle entend que la disette ne sévit plus dans son pays d’origine. Alors, et là seulement, elle décide d’y retourner. A priori seule puisqu’elle encourage ses deux belles-filles, Ruth et Orpah, à retourner dans leur famille.  Soit, comme le pensent une partie des commentateurs, par amour pour celles qui, selon Naomi, doivent refaire leurs vies. Soit, comme le disent d’autres, parce qu’elle a honte de revenir « au pays » avec deux étrangères.

On sait que la première refuse et décide de partager le sort non seulement du peuple juif mais aussi de celle qu’elle aime tant. Les voici, donc, à Bethléem, où les anciennes connaissances de Naomi peinent à la reconnaitre tant les épreuves l’ont marquée. Toujours quasiment aussi passive, elle laisse Ruth aller glaner pour assurer leur subsistance. Or, D-ieu, qui guide les pas de Ruth, l’envoie glaner dans le champ de Boaz, un parent du mari de Naomi. Qui remarque la grande modestie de la glaneuse et lui permet, selon le Igueret Shmouel, de re-partir avec des grains battus. Ce qui est totalement inhabituel et attire l’attention de la belle-mère. Qui s’enquiert de l’identité du propriétaire du champ.


Boaz rachète le champ, mais il épouse aussi Ruth avec laquelle il a un enfant

« Le nom de l’homme chez qui j’ai travaillé aujourd’hui est Boaz » (Ruth 2-19), déclare Ruth. « Cet homme nous est proche. C’est un de nos parents ayant le devoir de rachat », réplique la belle-mère faisant allusion à l’obligation, mentionnée au livre du Lévitique, du parent le plus proche de racheter la propriété de son parent appauvri (en l’occurrence le champ en friche d’Elimelech). 

C’est très probablement à ce moment là, en prenant conscience de la bonté de son parent envers sa bru et aussi de la possibilité d’une femme issue du peuple de Moav de se convertir (contrairement à un homme du même peuple) que Naomi sort de sa passivité et décide de prendre les choses en main. Au début, elle espère que Boaz va se déclarer et épouser Ruth. Mais, à la fin de la moisson, une simple constatation s’impose: celui-ci n’a fait aucune démarche en ce sens. Alors, après avoir expliqué à sa bru les avantages d’épouser Boaz, elle conçoit un plan totalement hors norme. 

Trois mois s’étant écoulé depuis la conversion de Ruth (temps nécessaire selon le midrach pour qu’un converti se débarrasse des restes de son impureté), Naomi envoie cette dernière se purifier dans un bain rituel. Puis lui demande de se parfumer, d’enfiler ses plus beaux vêtements et la nuit venue, après que Boaz est allé dormir, de se coucher à ses pieds. Ce qu’elle fait puisque sa belle mère, en laquelle elle a une confiance absolue le lui a prescrit.

Les choses se passent, grosso modo, comme Naomi l’a prévu. Conscient de son devoir, Boaz, après avoir découvert Ruth, lui promet d’exercer son droit de rachat (sauf si un parent plus proche veut l’exercer). Rentrée chez elle, Ruth raconte sa nuit à Naomi qui, confiante, attend la suite des événements. Une confiance récompensée. Car non seulement Boaz rachète le champ, mais il épouse aussi Ruth avec laquelle il a un enfant. Dont les voisines diront en évoquant la pratique du lévirat mais aussi le rôle incontournable de Naomi dans cette naissance: « Un fils est né à Naomi » (Ruth 4-17).

Powered by Edreams Factory