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13 Décembre 2017 | 25, Kislev 5778 | Mise à jour le 12/12/2017 à 17h23

16 décembre - Chabbat Mikets : 16h36 - 17h49

Rubrique Culture/Télé

Shoah et bande dessinée : de l’ombre à la lumière

Si les histoires personnelles forment l’Histoire de l’Humanité, qu’en est-il des récits fictionnels ? La Shoah peut-elle se dessiner et si tel est le cas, faut-il limiter la part du fictionnel pour ne pas entacher la vérité historique ?

Dans la mémoire collective, la Shoah, qui a fortement marquée plusieurs générations, est un événement qui s’écrit ou s’écoute. Mais peut-on vraiment faire de la Shoah un récit de fiction ? Des dessinateurs peuvent-ils s’emparer d’un sujet aussi douloureux sans être limités, graphiquement et dans leur discours? Le Mémorial de la Shoah propose de s’interroger sur ceux qui ont dessiné sur le sujet « avec prudence, erreurs, tâtonnement » mais également « génie ». Depuis 1942, de nombreux artistes ont dessiné la Seconde Guerre mondiale. Certains sont restés fidèles aux événements historiques. D’autres ont nuancé leurs propos et ont transformé leurs récits en fictions riches de super-héros aux pouvoirs extraordinaires. La bande dessinée semble un vecteur de communication propice aux échanges entres les générations. Que doit-on transmettre et pourquoi est-ce nécessaire de ne pas oublier? Différentes planches sont donnés à découvrir. «Maus » de Art Spiegelman fascine toujours autant. Les aquarelles intitulées « Mickey au camp de Gurs » d’Horst Rosenthal, « publiées sans autorisation de Walt Disney » surprennent. Le récit de Miriam Katin, rescapée, émeut fortement. L’affiche de l’exposition de Enki Bilal ouvre vers l’ailleurs. L’étoile jaune fait corps avec celles du ciel. Les planches de Wolinski, tragiquement disparu lors de l’attentat de Charlie Hebdo, rappellent que la haine de l’autre est toujours d’actualité. Le monde peut basculer dans l’horreur en quelques secondes. Pour évoquer la Shoah, l’exposition du Mémorial propose de mélanger les générations. Les témoins directs et indirects se répartissent en différentes nationalités. Paul Gillon, David Olère, Jean Graton, Jack Kirbi Assaf Hanuka, John Coulthart, Osamu Tezuka, Fanny Michaëlis et bien d’autres encore se côtoient. Pour Marie-Édith Agostini, Joël Kotek et Didier Pasamonik, commissaires de l’exposition, « Ce sont non seulement près de 75 ans de représentations de la Shoah ( …) mais autant de créations exemplaires de la créativité dans la bande dessinée mondiale ». Le 9ème art se découpe dès lors en bande dessinée, en romans graphiques, en comics, en mangas…Les représentations sont variées, colorées ou non. En parallèle de l’exposition, de nombreuses rencontres sur le thème de la bande dessinée sont organisées. Pourtant, une question persiste encore de nos jours. Pourquoi les super-héros n’ont-ils pas pu libérer les prisonniers des camps de la mort ? Une exposition qui invite chacun de nous à distinguer le vrai du vraisemblable !

Entrée libre : Du 19 janvier au 30 Octobre 2017 Mémorial de la Shoah, 17, rue Geoffroy l’Asnier 75004 Paris

Tél. : 01 42 77 44 72

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