Default profile photo

18 Novembre 2017 | 29, Heshvan 5778 | Mise à jour le 17/11/2017 à 12h11

25 novembre - Chabbat Vayétsé : 16h43 - 17h53

Rubrique Culture/Télé

Sofia Falkovitch : « On a tous le droit d'étudier et d'enseigner »

La chanteuse mezzo-soprano, première femme cantor diplômée en France sort son premier opus* qu'elle présentera le 21 juin**. Nous avons voulu connaître cette jeune talentueuse hazan.

Actualité Juive : Qu'est-ce qui  a motivé votre interêt pour l'art cantoral après avoir suivi une formation lyrique ? 

Sofia Falkovitch : La technique vocale et les études de musique sont un prérequis pour pratiquer la hazanout. Pourquoi ce choix ? C'est mon identité, c'est mes racines en tant que femme juive. J'ai toujours voulu apprendre, je continue à le faire. J'espère que cet apprentissage ne cessera jamais, il faut continuer parce que tout est en développement. 


A.J.: Est-ce lié à une pratique religieuse ? 

S.F. : Forcément, on ne peut pas faire quelque chose si on n'y croit pas. L'une et l'autre sont liées. 


A.J.:Vous avez été ordonnée hazan par le mouvement libéral à Berlin, puis vous vous êtes installée en France où ce rôle tenu par une femme n'avait jamais existé. Cela ne doit pas 

être facile. 

S.F. : En effet. Ma préoccupation première est de faire aimer cet héritage et cette belle musique. La plupart du temps les réactions sont assez positives parce qu'il y a beaucoup d'intérêts de la part des hommes et des femmes des différents courants du judaisme. Après les concerts on n'a plus les mêmes échanges qu'avant, on ne parle plus du fait que je sois une femme mais on parle de musique. Après il y a parfois des réactions un peu extrême. La Torah a été donnée aux hommes et aux femmes sur le mont Sinai. On a tous le droit d'étudier et d'enseigner, ce n'est pas limité à un seul sexe.


A.J.: L'art cantoral appelle des improvisations. Comment les abordez-vous comme femme ?

S.F. : Forcément avec une voix féminine, il y a d'autres couleurs, d'autres émotions. Je ne pense pas que cela soit lié au sexe du hazan mais à ce que la voix véhicule. Les voix des hommes et des femmes sont très complémentaires et si on pouvait partager et apprendre l'un de l'autre ce serait beaucoup mieux.


A.J.: Comment avez vous choisi les morceaux qui constituent votre enregistrement qui commence par une composition de vous ?

S.F. : « Sim shalom » est composé sur le mode de « ahava raba », avec un rythme syncopé très typique et j'improvise sur les versets. Je voulais lier l'art cantorial à des morceaux plus connus en russe, français, yiddish, hébreu pour ouvrir à la hazanout. Nikolai Rimski-Korsakov n'est pas, comme Ravel, juif mais ce sont des compositeurs tellement sensibles et connaissant tellement bien la musique juive que quand ils composent sur cette thématique ils ont vraiment capté ses caractéristiques comme la « Chanson hébraique » en russe. 


* « Chants hébraïques et chants d'amour »  Sofia Falkovitch ; label Calliope - ** 21 juin à 19h30 Librairie Lamartine 118 rue de la Pompe 75116 Paris

Powered by Edreams Factory