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23 Septembre 2017 | 3, Tishri 5778 | Mise à jour le 20/09/2017 à 12h11

Rubrique France/Politique

Brigitte Kuster (4e circonscription de Paris): « On ne s’improvise pas élu »

"Un élu doit être imprégné par les enjeux de son territoire. Je suis aussi étonnée qu’on ait préféré voter pour une étiquette plutôt que pour des personnalités." (DR)

Arrivée en seconde position derrière Ilana Cicurel (La République en Marche !), la maire LR du XVIIe arrondissement estime pouvoir combler son retard lors du second tour.

Actualité Juive: Vous avez été nettement devancée dimanche dernier par la candidate de La République en marche ! (46% contre 36,42%). Avez-vous été surprise par ces résultats ? 

Brigitte Kuster : Les sondages s’étaient fait l’écho d’une vague, voire d’un tsunami en faveur des candidats LREM. Face à un tel bouleversement, l’ancrage local a encore un peu de prise, mais moins qu’on le croirait. Je pense toutefois qu’on ne s’improvise pas élu. C’est un cheminement, un engagement. Devenir député alors que six mois plus tôt, on n’envisageait pas de donner sa vie à la cause publique, est quelque chose de perturbant. Un élu doit être imprégné par les enjeux de son territoire. Je suis aussi étonnée qu’on ait préféré voter pour une étiquette plutôt que pour des personnalités.   


A.J.: Qu’est-ce qui n’a pas fonctionné selon vous pendant la campagne ? 

B. K. : Il faut faire preuve d’une grande humilité devant ce que nous avons vécu. Nous payons très cher à droite la présidentielle. Mon parti, Les Républicains, porte une grande responsabilité. Le ras le bol et le « dégagisme » - une expression horrible – ont contribué à créer un appel d’air. Mais dans un appel d’air, tout n’est pas bon à prendre. Les Français ont voulu, dimanche, donner sa chance au président. Je leur dis : « On a déjà donné sa chance au président en l’élisant ». On oublie qu’Emmanuel Macron a été élu grâce à de nombreuses autres voix que celles qui s’étaient portées sur lui au premier tour. Sa volonté hégémonique de faire disparaître la droite et le centre indépendants est dangereuse pour la France, et même pour le président de la République. Certaines voix discordantes doivent se faire entendre en matière de lutte contre le terrorisme et l’islamisme, sur la fiscalité. Nous devons apporter notre singularité dans un Parlement où un parti hégémonique contrôlera 80% des sièges.


A.J.: Quelle analyse faites-vous des résultats au niveau des bureaux de vote de la circonscription ? 

B. K. : Etonnamment, le vote Macron a été plus fort dans les bureaux se trouvant dans la partie favorisée de la circonscription. Dans les quartiers populaires, où le rôle de l’élu local est peut-être plus repéré, nous avons obtenu nos meilleurs scores. Et l’abstention est forte là où je compte des réserves de voix. 


A.J.: Est-ce un motif d’espoir pour le second tour ? 

B. K. : Si vous ne menez pas un combat en pensant que vous allez le remporter, cela devient difficile. Neuf points de retard, ça se rattrape. 


A.J.: La communauté juive des 16 et 17e arrondissements se distingue par son dynamisme. Comment êtes-vous allée à sa rencontre au cours 

de la campagne ? 

B. K. : Je ne suis pas dans une approche communautaire de mon mandat, mais dans une démarche au service de tous.   La communauté juive est très importante dans le 17e. Je n’ai cessé d’accompagner le projet du Centre européen du judaïsme, en bonne intelligence, au niveau de l’Etat, de la Mairie de Paris, et de la région Ile-de-France. Cela avait un sens qu’il naisse dans notre arrondissement. Ce centre va être un lieu de vie à nul autre pareil. 

La communauté juive, estimée à 40 000 membres, se sent bien ici parce les choses se passent de manière harmonieuse. J’ai toujours eu à cœur notamment de réunir les responsables religieux pour favoriser des échanges. Les rabbins que j’ai rencontrés pendant la campagne regrettaient la confrontation qui s’annonçait avec la candidate LREM. Je n’envisage pas la politique sous un angle communautaire. 


A.J.: Quelle députée seriez-vous en cas de victoire ? 

B. K : Je serais une députée fidèle à mes convictions mais je n’hésiterais pas à soutenir les projets du gouvernement dès lors qu’ils seraient bénéfiques à la France. Mais, à la différence de ma concurrente, je m’opposerais avec détermination aux mesures contraires à l’intérêt de notre pays et notamment aux hausses d’impôts (CSG, ISF immobilier…), au laxisme en matière pénale et à toute forme de remise en cause du pilier de notre société qu’est la famille. 

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