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19 Novembre 2017 | 1er, Kislev 5778 | Mise à jour le 17/11/2017 à 12h11

25 novembre - Chabbat Vayétsé : 16h43 - 17h53

Rubrique Moyen-Orient/Monde

Elections en Grande-Bretagne : Et maintenant ?…

Alors que, selon certains observateurs, le vote des juifs a empêché les travaillistes de Jeremy Corbyn d’obtenir un score encore meilleur, l’annonce que le « Democratic Unionist Party » irlandais pourrait gouverner avec les conservateurs est une bonne nouvelle pour la communauté… et Israël.

Pour tous les juifs qui non seulement ont voté pour le parti conservateur (ce qu’ils ont fait dans leur immense majorité) mais qui, de plus, espéraient que ces élections verrait la fin politique de Jeremy Corbyn, le leader travailliste qui a laissé un climat antisémite malsain se développer dans sa formation, les résultats ne sont certainement pas à la hauteur de leurs espérances. En effet, s’il n’a pas réussi à devancer Theresa May, son adversaire conservatrice (qui, dans ces élections, a perdu sa majorité absolue), celui ci a réalisé un très beau score, son parti l’emportant même dans des circonscriptions dites, a priori, perdues. « Si le parti au pouvoir, qui est un ferme soutien d’Israël, cède tant de terrain, alors, bien entendu, cela s’apparente à une défaite pour Israël et la communauté juive », a commenté Jonathan Arkush, le président du Board of Deputies, l’organisme représentatif du judaïsme britannique.  

Sur le terrain, à Londres notamment, étant donné la faible marge de certaines victoires électorales, les électeurs juifs, de par le fait que nombre d’entre eux vivent dans des quartiers bien déterminés (tels que Golders Green, Finchley, Hendon…) ont, selon certains observateurs, probablement contribué à ce que Theresa May l’ait emporté en sièges sur son adversaire. Ce dernier, à qui ses électeurs reprochaient ses manquements en matière de lutte contre l’antisémitisme, et ce tout particulièrement dans son parti », ainsi que des prises de position et des gestes franchement hostiles à Israël. Comme le fait, par exemple, d’avoir qualifié « d’amis » des organisations terroristes telles que le Hamas et le Hezbollah.


Un climat antisémite

Par ailleurs, parmi les élus travaillistes, il faut noter le nombre respectable de membres du groupe des « Amis Travaillistes d’Israël », hostiles à la politique du leader de leur parti, qui vont se retrouver au Parlement. Néanmoins, comme le note Robert Philpot, le directeur de Progress, un groupe de pression de tendance « New Labour », « la communauté juive et ses alliés modérés dans le parti travailliste doivent maintenant réfléchir à comment répondre au statut amplifié de Corbyn, à sa signification et à ses répercussions ».  En écho, Stephen Pollard, le rédacteur en chef du « Jewish Chronicle », précise: « Ce qui est réellement déprimant, c’est que les électeurs de Corbyn se moquent qu’il ait un bilan tellement déplorable pour ce qui est de l’antisémitisme au sein des tra-vaillistes, ce qui peut-être d’un intérêt mineur pour certains mais qui est pour moi un doigt d’honneur géant adressé aux juifs britanniques par des millions d’électeurs ».

Reste pour finir sur une note plus optimiste à mentionner deux facteurs positifs. Tout d’abord, selon toute vraisemblance, Theresa May restera le Premier ministre britannique. De plus, son allié pour pouvoir disposer d’une majorité sera le « Democratic Unionist Party » (DUP), une formation irlandaise (du nord) dont les élus sont parmi les soutiens les plus actifs d’Israël au Parlement. Les mêmes se sont opposés, tout aussi activement, à toute forme d’antisémitisme tant en Ulster qu’ailleurs dans le royaume. Ce, non pas pour des raisons bassement électorales (moins de cent juifs vivent en Irlande du Nord) mais plutôt parce que ce que certains nomment le « sionisme chrétien » représente une force parmi la communauté protestante d’Ulster, celle-la même qui vote pour le DUP.

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