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20 Novembre 2017 | 2, Kislev 5778 | Mise à jour le 17/11/2017 à 12h11

25 novembre - Chabbat Vayétsé : 16h43 - 17h53

Rubrique Régions

Marseille : La Thora peut-elle être lue par des femmes ?

(flash90.)

Le centre Edmond Fleg a organisé ce shabbat 24 juin 2017 une lecture de la Thora par un groupe de femmes pour clôturer un cycle d’études sur « Les femmes et le judaïsme ». Une initiative qui a soulevé une volée de bois vert.

Le centre Edmond Fleg, avec sa directrice Martine Yana et le président Raymond Arouch, prône depuis des années l’ouverture, le partage et la cohabitation des différentes sensibilités communautaires. Dans ses locaux plusieurs courants du judaïsme ont pu s’exprimer à l’exemple du grand rabbin de Marseille Réouven Ohana, de la rabbine Delphine Horvilleur (libérale) ou encore la talmudiste Liliane Vana (orthodoxe moderne). Si les événements se sont toujours bien déroulés, la dernière expérience, celle de faire lire la Thora par des femmes, n’était pas au goût de tout le monde et a provoqué un déferlement d’insultes, de menaces et d’agressions diverses. 

Comment en est-on arrivé là ? Dès lors que la nouvelle de cette lecture s’est répandue dans la ville, des écrits réclamant de supprimer ou de faire lire le texte par un homme se sont déversés sur les réseaux sociaux ainsi que sur des courriels envoyés par le rabbinat de Marseille signés par le grand rabbin de la ville Réouven Ohana, le dayan Chmouel Melloul et le rav Mimoun. Ces derniers ont expliqué : « Nous affirmons par la présente que la lecture de la Paracha par une femme, n’est pas autorisée selon la halakha. Pour une bonne entente entre les fidèles et pour le Shalom, nous demandons instamment aux responsables de laisser la lecture à un Baal Koré, comme le stipule la halakha ». D’autres courriels sont allés bien plus loin  en formulant l’anathème. 

De son côté l’une des responsables de cette initiative, la talmudiste L.Vana, a réclamé plus de respect envers les femmes et a ajouté : « Votre rôle de rabbin n’est pas de monter les juifs de votre communauté les uns contre les autres mais de les fédérer, même en cas de désaccord. Notre judaïsme est pluriel et néanmoins Un dans sa diversité. Vous êtes la diversité. Je suis la diversité. » Comment un tel acharnement peut-il avoir lieu de nos jours ? Pourquoi de part et d’autre n’y a-t-il pas eu de dialogue ? Dans un lieu privé et dans un cercle privé peut-on encore jouir d’une certaine liberté ? Si l’orage semble s’apaiser, la Thora ne devrait pas être le terreau de joutes humaines qui évacuent des questionnements fondamentaux comme la place des femmes dans le Talmud ou l’ouverture d’un dialogue de fond entre les différents courants de pensée du judaïsme. 

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