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23 Septembre 2017 | 3, Tishri 5778 | Mise à jour le 20/09/2017 à 12h11

Rubrique France/Politique

Ivan Levaï : « Simone Veil, la femme du centre »

(wikipedia)

Actualité juive a demandé au journaliste Ivan Levaï quelle trace politique laissera derrière elle l'ancienne ministre de la Santé, décédée le 30 juin dernier.

« Simone Veil, c’est la femme du centre avant que le centre ne triomphe. Lorsqu’elle revient des camps de la mort, elle découvre une France politique marquée par le tripartisme entre la droite, une gauche majoritairement communiste et socialiste, et le centre du Mouvement républicain populaire. Aux côtés de son mari, Antoine Veil, Européen de la première heure, elle va faire du rêve européen, incarné par Jean Monnet, son premier engagement politique et sociétal ».

« Simone Veil aurait pu conserver la haine du peuple allemand.  Elle a préféré défendre un idéal de paix et de reconstruction.  A ses yeux, il y avait des urgences, nées des souvenirs de la guerre. Les petits combats politiciens lui paraissaient aussi dérisoires. En revanche, elle marquait son indignation devant la réémergence d’une extrême droite fascisante. » 

« Emmanuel Macron, son héritier ? Je ne suis pas sûr qu’elle en ait entendu parler. On sait qu’elle n’avait pas de sympathie pour François Mitterrand mais qu’elle était très proche de Nicolas Sarkozy. Je me suis toujours dit qu’elle ferait une grande présidente de la République. Mais je savais qu’on l’en empêcherait. 

En 2004, Jacques Chirac lui avait préféré Pierre Mazeaud pour prendre la tête du Conseil constitutionnel. Dans les déjeuners politiques, on mettait l’accent sur le mauvais caractère de cette ancienne magistrate. Elle était une femme de devoir. Pour elle, le devoir était une passion. Et dans les familles politiques, on n’aime pas beaucoup les passionnés. »

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