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20 Septembre 2017 | 29, Elul 5777 | Mise à jour le 20/09/2017 à 12h11

Rubrique France/Politique

Obsèques de Simone Veil : des témoins se confient à Actualité juive

Delphine Horvilleur était bien aux côtés de Pierre-Antoine et de Jean Veil, ainsi que du grand rabbin de France, pour réciter le kaddish, lors des obsèques de leur mère (N.H.).

Suite à la publication mercredi d'un article ayant prêté à polémique, Actualité juive a recueilli les témoignages de plusieurs personnes ayant assisté aux obsèques de Simone Veil, au cimetière du Montparnasse, le 5 juillet.

Simone Veil a été enterrée mercredi 5 juillet, au cimetière du Montparnasse, aux cotés de son mari, Antoine Veil, disparu en 2013. Actualité juive, qui n’a pu assister à la cérémonie privée, a publié sur son site, dans l’après-midi, un article présentant le déroulement des faits, à partir d’informations communiquées par téléphone par l’entourage du grand rabbin de France. Nous indiquions, en nous appuyant sur cette source officielle, que le grand rabbin de France Haïm Korsia avait dirigé l’office, en prononçant notamment un psaume avant d’accompagner, seul, les fils de la défunte, Pierre-Antoine et Jean Veil, dans la récitation du kaddish, la prière traditionnelle des endeuillés.

Nous contredisions ainsi une information publiée sur le site du Monde, mercredi matin. Accompagnant une tribune de la femme rabbin du Mouvement juif libéral de France (MJLF), Delphine Horvilleur, en l’honneur de l’ancienne ministre de la Santé, LeMonde.fr précisait que celle-ci devait accompagner les enfants Veil lors de la récitation du kaddish. Sur Twitter, le journaliste de l’AFP chargé des religions, Benoît Fauchet, écrivait également que « selon l’entourage du grand rabbin de France, le kaddish a été dit par les fils de Simone Veil accompagnées par H. Korsia. D. Horvilleur était présente ». 

Après de nouvelles vérifications, il s’avère que le contenu de l’article du site Actuj.com contenait des erreurs factuelles : Delphine Horvilleur était bien aux côtés de Pierre-Antoine et de Jean Veil, ainsi que du grand rabbin de France, pour réciter le kaddish, lors des obsèques de leur mère.  

 

La présidente du MJLF « scandalisée »

Actualité juive a recueilli jeudi les témoignages des principaux intéressés ainsi que de plusieurs témoins de la cérémonie : la femme rabbin libéral Delphine Horvilleur, la présidente du MJLF Danielle Cohen, le grand rabbin de France Haïm Korsia et le vice-président du Mémorial de la Shoah François Heilbronn.

« La famille de Simone Veil a fait le choix très clair d’être soutenu dans son kaddish par la voix du grand rabbin de France et de la mienne. Il m’a semblé évident qu’on avait le devoir d’accéder à leur demande », indique à Actualité juive la femme rabbin libérale Delphine Horvilleur.  Le kaddish « à deux voix » était « aux yeux des enfants une illustration de ce qu’étaient les combats de leur mère », ajoute-t-elle. « Je trouve profondément regrettable de voir naître une polémique sur la possibilité pour le féminin de porter sa voix au moment où on enterre une femme dont le combat reposait sur ces principes ».

La réaction est similaire du côté de la présidente du MJLF, Danielle Cohen. « Je suis scandalisée que l’on puisse mentir, calomnier, le jour des obsèques de Simone Veil. Le kaddish a été chanté, par le grand rabbin de France et le rabbin Delphine Horvilleur. Ensemble », insiste-elle.

Contacté par Actualité juive, le grand rabbin de France balaie la polémique. « C’est aux enfants de dire le kaddish, ce qui a été fait avec beaucoup d’émotion et beaucoup de monde autour d’eux pour les accompagner », précise le grand rabbin Haïm Korsia.

Si certains témoins directs de l’inhumation préfèrent ne pas s’exprimer publiquement sur le sujet, d’autres, comme le vice-président du Mémorial de la Shoah, François Heilbronn, contredisent sans ambages l’idée d’une non-participation active de Delphine Horvilleur à la cérémonie religieuse. « C’était le souhait de la famille Veil de voir un rabbin libéral, et une femme en particulier, réciter le kaddish. Cela fait partie du combat politique de Simone Veil. Que les hommes et les femmes aient les mêmes droits face à la religion lui paraissait essentiel. Il n’en était que plus légitime qu’une femme rabbin lise aussi le kaddish ». 

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