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20 Novembre 2017 | 2, Kislev 5778 | Mise à jour le 17/11/2017 à 12h11

25 novembre - Chabbat Vayétsé : 16h43 - 17h53

Rubrique France/Politique

Au Vel d’Hiv, une cérémonie qui fera date

(Flash90.)

Un hommage appuyé a été rendu aux victimes de la rafle du 16 juillet 1942, en présence notamment d’Emmanuel Macron et de Benjamin Netanyahou. Notre journal était sur place.

Quai de Grenelle, sous l’œil d’une foule nombreuse, une cérémonie officielle s’est tenue soixante-quinze ans après la rafle du Vel d’Hiv où furent arrêtés puis déportés vers les camps de la mort 13152 juifs dont 4000 enfants. L’émotion était palpable ce dimanche 16 juillet, devant le monument de la place des Martyrs juifs où s’étaient pressés sous une grande tente ministres, élus, diplomates, responsables des cultes, dirigeants d’institutions, rescapés de la Shoah, journalistes et anonymes. Assises côte à côte, les deux personnalités les plus en vues de cette matinée placée sous le sceau du souvenir étaient Emmanuel Macron et Benjamin Netanyahou, premier chef du gouvernement israélien à assister à pareilles commémorations dans l’Hexagone. 

Durant plus de deux heures, prières, discours et témoignages poignants se sont succédés dans une atmosphère lourde et solennelle. La plupart des orateurs n’ont pas manqué de rappeler la mémoire de Simone Veil (zal) disparue il y a peu tout en ne manquant pas de louer le travail colossal mené par Serge Klarsfeld, fondateur de l’association des Fils et Filles de Déportés juifs de France. Le ton grave, le président du CRIF, Francis Kalifat,  a commencé son propos par des mots forts : « L’antisémitisme tue encore. D’Ilan Halimi à l’école Ozer Hatorah, de l’Hypercasher à Sarah Halimi », a-t-il insisté avant de fustiger les campagnes de boycott à l’encontre d’Israël et les dernières résolutions de l’Unesco. De son côté, Binyamin Netanyahou, s’est félicité de cette invitation, « un geste très fort qui témoigne de l’amitié ancienne et profonde entre la France et Israël ».  « Je ne parle pas très bien le français, mais ici, à Paris, je tenais à prononcer quelques mots dans votre langue. Le français était aussi la langue des milliers de Juifs à qui nous rendons hommage aujourd’hui". 

« L’antisionisme, la forme réinventée de l’antisémitisme »

« Merci pour ces mots », lui a répondu Emmanuel Macron. « C’est bien la France qui organisa la rafle, puis la déportation et donc, pour presque tous, la mort des 13 152 personnes de confession juive arrachées à leur domicile », a-t-il expliqué, s’inscrivant dans les pas de Jacques Chirac, Nicolas Sarkozy et François Hollande, premiers présidents de la République à assumer la responsabilité de la France, et non celle du seul régime de Vichy, dans ce crime. « La France, en reconnaissant ses fautes, a ouvert la voie à leur réparation. C’est le signe de sa grandeur », a ajouté le locataire de l’Elysée qui a véritablement marqué cette cérémonie de son empreinte. « Nous ne céderons rien à l'antisionisme qui est la forme réinventée de l'antisémitisme », a ajouté le plus jeune président de la Vème République. Vivement applaudi par l'assistance, l’homme de 39 ans a eu le droit à une chaleureuse accolade de la part de Binyamin Netanyahou à la fin de son intervention. En écho aux déclarations de Francis Kalifat sur le drame de Sarah Halimi, le président français s’est également exprimé sur cette affaire (lire par ailleurs) : « Malgré les dénégations du meurtrier, la justice doit faire désormais toute la clarté sur la mort de Sarah Halimi », a-t-il lancé avec force, alors que la qualification antisémite n’a pas été retenue à ce stade.

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