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25 Juillet 2017 | 2, Av 5777 | Mise à jour le 25/07/2017 à 17h24

29 juillet 2017 - Chabbat Devarim (Chabbat 'Hazon) : 21h16 - 22h31

Rubrique Israël

Yossi Lechem : « J’ai mis au point des capteurs que l’on place sur les oiseaux »

Credit: Hagi Aharon

Si les oiseaux le pouvaient, ils seraient nombreux à assister, cette semaine, à la cérémonie de remise du prix de l’Union israélienne d’Ecologie et des sciences environnementales et ainsi exprimer leur reconnaissance à celui qui leur permet de migrer et de nidifier en toute sécurité. Un prix décerné au célèbre ornithologue israélien Yossi Leshem qui vient récompenser 40 ans d’une vie consacrée à la protection d’un des plus grands trésors de l’humanité, celle des oiseaux. Mais aussi à la sécurité des pilotes de Tsahal. Yossi Lechem, fondateur et directeur du centre international des migrations. Actualité Juive l’a rencontré.

Actualité Juive : Israël est l’autoroute des oiseaux migrateurs. Pourquoi ?
Yossi Lechem :
Israël est, tout d’abord, situé au carrefour de trois continents, l’Europe, l’Asie et l’Afrique. Une position géostratégique qui lui vaut de nombreux problèmes mais qui se révèle être une aubaine pour les oiseaux. En automne et au printemps, ils sont un demi-milliard de   540 espèces à survoler Israël pour rejoindre leurs quartiers d’hiver en Afrique et ceux d’été en Europe, Russie ou Asie Centrale. Vu l’étroitesse de l’espace aérien israélien, c’est proportionnellement du jamais vu. Certains mêmes se posent en Israël pour un jour ou plusieurs mois comme c’est le cas pour 40 000 grues qui, de mai à octobre, s’installent dans la Vallée de la Hula. De plus, Israël est traversé par la Vallée du Rift, qui s’étend de la Syrie au Mozambique, en passant par le Golan, l’une des principales voies empruntées par les migrateurs. Une vallée dont j’ai d’ailleurs demandé l’inscription sur la liste des sites protégés de l’Unesco et j’ai bon espoir.

A.J.: Vous avez réussi à réduire de plus de 3/4 les accidents entre avions de Tsahal et oiseaux. Comment procédez-vous ?
Y.S. :
Il s’avère que trois pilotes de Tsahal ont perdu la vie à cause d’une collision avec des oiseaux. De plus onze avions ont été détruits complètement et 75 accidents enregistrés. Une perte de plusieurs millions de dollars pour l’armée. Il fallait donc prendre des mesures. C’est pourquoi j’ai mis au point des capteurs que l’on place sur les oiseaux. Grâce à un radar, nous pouvons ainsi suivre leur trajectoire et prévenir, en temps réel, d’un survol d’oiseaux qui pourrait entraver le vol d’un appareil militaire ou civil lui permettant de dévier de sa trajectoire. Et aussi d’estimer à quel moment les volatiles arriveront dans le ciel d’Israël permettant de reporter, le temps de leur passage, le décollage d’un appareil.

« Cette mission est aujourd’hui l’une des plus importantes coopérations régionales »

A.J.:  Les oiseaux réussissent à mettre d’accord Israéliens et Palestiniens. En quoi consiste cette coopération ?
Y.S. :
La nature ne connaît pas de frontières. Et les agriculteurs de la région, quel que soit leur origine, font face au problème des rongeurs qui dévastent les cultures. Sur notre initiative, nous avons incité Israéliens et Palestiniens, et même Jordaniens, à se servir de chouettes effraies pour manger les nuisibles au lieu des pesticides chimiques qui non seulement polluent les sols et la nappe phréatique mais aussi exterminent les oiseaux. Nous en avons donc intégrées de part et d’autre des frontières et même placé des nids artificiels créés, pour la plupart, à partir de boîtes de munitions de Tsahal recyclées. Cette mission est aujourd’hui l’une des plus importantes coopérations régionales dans une zone soumise à tant de tensions.

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