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18 Novembre 2017 | 29, Heshvan 5778 | Mise à jour le 17/11/2017 à 12h11

25 novembre - Chabbat Vayétsé : 16h43 - 17h53

Rubrique Judaïsme

Parachath Balak : L’amour contre la haine

Crédit : 1890 Holman Bible

C’est une dualité au cœur de notre paracha, dont les échos peuvent encore être perçus aujourd’hui. Elle oppose le prophète Bilâm à notre père Avraham, quand chacun des deux voulut exprimer deux sentiments extrêmes : la haine contre l’amour. Ou, pour rester dans l’air du temps, l’antisémitisme contre la vie…

Notre paracha se situe à l’issue de la traversée du désert par les Hébreux. Balak est le roi d’un peuple qui craint leur passage sur son territoire. Pour se débarrasser d’eux, il fait appel à Bilâm, un prophète non juif qui possède le pouvoir de maudire. Enthousiasmé par cette mission, Bilâm se lève le matin et sangle lui-même son ânesse, au lieu de le demander à ses serviteurs, tant il est pressé de maudire les enfants d’Israël. Rachi (1) tire, de cette ardeur, un principe : la haine ne tient pas compte de la hiérarchie, alors que normalement un homme important confie cette tâche à ses serviteurs. Mais notre commentateur rajoute un point : à la suite de ce geste de Bilâm, D.ieu dira : « Bilâm, homme dépravé que tu es, Avraham leur père t’a précédé comme il est écrit « Avraham se leva le matin, il sangla son âne ». A quelles idées renvoie cette opposition ?


Dialoguer ?

 La haine de Bilâm est un sentiment, gratuit, qui n’est fondé sur rien. Les codes de la hiérarchie auraient dû laisser la place à ses serviteurs pour sangler son ânesse mais comme sa haine prend le dessus sur sa réflexion, ces codes n’on plus de valeur et le désordre s’installe. Nous sommes ici en présence d’une donnée fondamentale pour situer l’antisémitisme. Intellectuellement, il n’est fondé sur rien. La haine du Juif est viscérale et dénuée de tout fondement rationnel. Bien évidemment, l’antisémite trouvera toujours une justification pertinente et légitime pour masquer sa haine mais son argumentaire ne sera qu’un habillage propre et sérieux de sa malveillance. Ce constat amène une conclusion déterminante : il ne sert à rien de parler avec un antisémite puisque sa haine ne se situe nullement sur un registre de réflexion et de dialogue éventuel. Et d’ailleurs, il est intéressant de noter qu’aucune mention de la réaction des enfants d’Israël n’est rapportée dans la paracha. Bien plus, tout au long de la paracha, on ne parle pas d’eux !


Renforcer notre attachement

Dès lors, une réaction est-elle nécessaire ? Oui, nous diront les commentateurs de   Rachi qui rapporte le geste d’Avraham. Lui aussi sangla son âne, sans le demander à ses serviteurs, par amour, pour accomplir la volonté de D.ieu. Nous avons ici en quelques mots la réaction que chacun d’entre nous doit adopter face à l’antisémitisme : renforcer notre attachement au judaïsme ! Avraham aussi sangla lui-même son âne pour accomplir, par amour, la volonté de D.ieu mais il le fit sans tenir compte de la hiérarchie entre maître et serviteur, tant son amour pour D.ieu était absolu. D’aucuns verront, aujourd’hui, cette exaltation comme une forme d’extrémisme religieux, peu compatible avec l’esprit de tolérance et de conciliation de notre époque. Mais c’est justement sur ce mode de réaction que l’on doit affronter l’antisémitisme : à la folie du Mal, opposer la folie de l’amour de D.ieu. 


Note

  1. Parachath Balak, chap. 22, verset 21
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