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20 Août 2017 | 28, Av 5777 | Mise à jour le 28/07/2017 à 13h41

26 août 2017 - Chabbat Choftim : 20h28 - 21h35

Rubrique Sport

Mordechaï Spiegler : « Est-ce que j’aurais pu apporter quelque chose sur le banc de la sélection ? Peut-être »

Légende du football israélien, celui qui a inscrit le seul but de son pays en phase finale de Coupe du monde, au Mexique en 1970, était dernièrement de passage à Paris à l’occasion d’une conférence organisée par l’Organisation sioniste mondiale (OSM). Actualité Juive l’a rencontré en exclusivité dans le lobby de son hôtel. Entretien passionnant. Sans langue de bois.

Actualité Juive : Vous donniez dernièrement une conférence autour de votre carrière. Quel est justement le regard 

que vous portez sur celle-ci ? En êtes-vous fier ?

Mordechaï Spiegler : Je n’ai pas à rougir de mon parcours. Je suis content. Bien sûr, si j’avais joué à Manchester United avec Bobby Charlton, cela aurait été un peu différent. J’ai failli rejoindre West Ham au côté de Bobby Moore. Finalement, j’ai atterri dans l’Hexagone (Paris FC et PSG) puis à New-York (Cosmos) avec le grand Pelé. Je n’ai pas à me plaindre.


A.J.: Avez-vous gardé des contacts avec d’anciens joueurs ?

M. S. : J’ai beaucoup d’amis, dans de nombreux pays. Les contacts se font simplement, dans un cadré amical et privé. Vous savez, à mon âge, je ne cherche plus les honneurs. Je ne dors pas avec les albums du passé. Je vis à Netanya. Je suis heureux. Je ne suis attaché à aucun club. Je suis indépendant.


A.J.: Parlons à présent de l’état de la sélection israélienne. Luis Fernandez, Eli Gutman puis maintenant Elisha Levy au poste de sélectionneur. Rien ne semble s’arranger en termes de résultats. Qu’en pensez-vous ?

M. S. : Vous parlez de Luis. C’est un ami. Il a insufflé des bonnes choses à notre football. Malheureusement, il n’a pas eu la recette magique. Après mon époque, tous les sélectionneurs ont fait la même chose. Ils ont échoué à qualifier le pays pour un grand tournoi. En Israël, je dis souvent aux journalistes : " Vous m’appelez quand Israël gagne ". Je vous laisse deviner la suite… Juste avant l’arrivée de Luis, j’étais en contact avancé avec trois noms du football européen : Ronald Koeman, Roberto Donadoni et Fatih Terim. De son côté, Avi Luzon, le président de la Fédération israélienne de l’époque, décidait d’engager Fernandez.


A.J.: En tant qu’homme d’expérience, que préconisez-vous pour faire progresser le football israélien ?

M. S. : On a incontestablement besoin de bons entraîneurs, comme Jordi Cruyff (Maccabi Tel-Aviv) qui a amené beaucoup de professionnalisme. Individuellement, le pays regorge de bons joueurs, notamment lorsque Shlomo Scharf dirigeait l’équipe nationale (1992-1999). Il y avait Berkovic, Revivo, Nimny, Banin, etc. Qu’ont-ils fait ensemble ? Rien. Ok, ils ont gagné au Parc des Princes contre la France (3-2, octobre 1993) ou encore contre l’Autriche (5-0, juin 1999) à Ramat-Gan. Mais après ?


A.J.: Que vous inspire Eran Zehavi qui évolue en Chine (actuel meilleur buteur du Championnat avec 

Guanghzou) ?

M. S. : Il marque beaucoup en club. C’est très bien. J’attends maintenant avec l’équipe nationale. Je ne dis rien. J’attends. 


A.J.: Yossi Benayoun (37 ans), qui  détient le record de sélection (99), a signé cet été au Bétar Jérusalem. Est-ce un modèle à vos yeux ?

M. S. : Oui, oui oui. C’est un mec super. Un vrai professionnel. Intelligent et calme, Yossi fait toujours les bons choix. Et ne prend jamais la grosse tête. 


A.J.: Et quel est votre avis sur l’Hapoël Beersheva qui surprend tous les observateurs depuis deux saisons ?

M. S. : Ce que réalise Beersheva n’est pas du tout un miracle. La patronne (Barkat), l’entraîneur (Bakhar), le capitaine (Barda), l’environnement, l’état d’esprit : tout est fait pour que les bons résultats soient au rendez-vous. 


A.J.: Regrettez-vous de ne jamais avoir été appelé pour diriger la sélection nationale ?

M. S. : En Israël, il faut être un fin politicien pour coacher la Nivrehet. Etre aussi bien ami avec les dirigeants de la Fédération qu’avec les médias. Je n’ai pas été sollicité. J’ai compris que ce n’était pas ma route. Si je regrette ? Non. Est-ce que j’ai  apporté quelque chose à cette sélection ? Peut-être. 

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