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20 Septembre 2017 | 29, Elul 5777 | Mise à jour le 20/09/2017 à 12h11

Rubrique Judaïsme

Parachat Ki tétsé : Une autre guerre

(flash90.)

Peut-on entrer en guerre… sans faire la guerre ? La question n’a pas de sens et pour un sujet aussi grave, elle est presque indécente. Pourtant, à la lecture de la paracha, elle se posera en son début et à sa fin : le premier verset évoquera une sortie en guerre et la fin de la paracha nous rappellera le danger d’Amalek, le plus grand ennemi d’Israël.

Nous savons, pour avoir expliqué ce principe de nombreuses fois, qu’il existe un lien entre le début et la fin d’une paracha. Un architecte posera toujours la première pierre d’une maison en fonction du plan final ! Ici aussi, la similitude des thèmes est évidente : il y a une guerre au début et à la fin. Mais cette proximité est bien plus qu’une simple ressemblance. Pour nos commentateurs, le début explique la fin.


Un combat difficile

Amalek est un ennemi redoutable. Il est si malfaisant que sa destruction exige de notre part une stratégie différente de toutes les autres guerres. Ainsi, le Pharaon d’Egypte, malgré sa cruauté, finit par reconnaître la toute puissance de D.ieu. Amalek, en revanche, n’est pas intéressé par la dualité « Bien-Mal ». Ce qui l’intéresse, c’est détruire et rien d’autre. Et en quoi consiste sa force ? C’est qu’il incarne l’insolence au plus haut point. Si je dois affronter un ennemi classique et que j’arrive à lui imposer ma force, à son détriment, il finira par admettre mon autorité pour au final se soumettre. Et il se peut même que j’en fasse un ami. Nous sommes là dans des normes traditionnelles. Mais quand on sort de ce cadre et que l’on affronte un ennemi qui se moque de notre autorité, et qui nous veut du mal au point d’être prêt à mourir, le combat s’avèrera très difficile. L’insolence d’Amalek se moque de la paix ou de la guerre. Ce qu’il veut c’est faire le Mal pour le Mal et pour cela sa propre vie lui importe peut. Dès lors, comment lutter contre lui ?


Un nouvel ennemi

La réponse se trouve au début de notre paracha, sous l’éclairage de Rachi, le commentateur du sens simple, qui nous précise que la guerre évoquée en ce début de paracha est une guerre facultative, une guerre, a priori, que l’on peut donc éviter. En tenant compte de cette donnée, comment comprendre le lien avec la fin de notre paracha ? Ne faut-il pas affronter Amalek ? Il faut l’affronter mais sur un autre registre que la guerre traditionnelle. Quand un ennemi comme Amalek brandit la mort comme étendard, le peuple juif possède une arme exceptionnelle contre lui : c’est la lumière de la Thora et des mitzvoth. En cette période de fin des temps qui précède la délivrance messianique, le monde est sous la menace d’un nouvel ennemi, insoupçonné, qui se cache en dehors des champs de bataille traditionnels. Il frappe n’importe où et par surprise. Il ne cherche rien, sinon la mort. L’affronter de face est une démarche quasi impossible. Pour triompher, il faut inonder le monde de lumière. Nos Maîtres nous enseignent que le peuple juif peut mener une guerre sur …un mode de paix : en diffusant la sagesse divine autour de nous, en privilégiant la bonté plutôt que la rigueur, on peut réduire l’intensité du Mal pour, au final l’anéantir. Selon le dicton hassidique bien connu « qu’un peu de lumière repousse une grande obscurité ».

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